Eminem: tragic politics

Quatre longues années se sont écoulées depuis la sortie du dernier album d’Eminem. Avec une actualité bien remplie de l’autre côté de l’autre côté de l’Atlantique, il ne pouvait pas faire autrement que de revenir sur le devant de la scène ! Ainsi est né « Revival ». Chronique !

Avec Slim Shady, on est en droit de s’attendre à tout quand arrive un nouvel album mais dans ce cas, on s’attendait surtout à ce qu’il se positionne sur sa bien triste société. Vous savez quoi ? On n’a pas été déçus. A l’heure où Trump dirige les Etats-Unis (ou Twitter, on ne sait plus trop) et où le racisme est au centre des débats, celui qui se fait appeler le Rap God plonge dans ces sujets sensibles ; sur « Untouchable », il revit les attaques de policiers blancs contre des jeunes noirs dont a découlé le mouvement Black lives matter et il n’hésite pas à dire « c’est comme si nous étions retournés dans les années 60 ». Le lien entre actualité et musique donne de la force à ces morceaux. Dans « Like home » (feat Alicia Keys), il s’attaque frontalement au Monsieur Orange assis dans le bureau ovale depuis un an et va jusqu’à le comparer à Hitler. Précisons que ce n’est pas la première fois que le rappeur s’en prend à un président américain, il avait déjà été virulent envers George W Bush.

Musicalement, il y a un côté lisse qui déçoit quelque peu car il n’y a pas de prise de risque réel ni de surprise véritable de la part d’un mec qui a donné ses lettre de noblesse au rap américain dans les années 90 aux côtés d’autres figures emblématiques. En s’entourant d’artistes pop et populaires comme Ed Sheeran, Beyoncé, Alicia Keys ou encore P!nk, il a pris le risque de rendre son album moins furieux qu’il ne devrait mais ouvert à un public beaucoup plus large. On regrette aussi un album un peu trop long (77 minutes) qui a tendance à perdre un peu l’auditeur dans la masse proposée par le MC. Il y a par contre un élément sympa, c’est le semblant d’hommage au rock que propose le chanteur en samplant « I love rock’n’roll » de Joan Jett et « Zombie » des Cranberries comme il l’avait déjà fait il y a plusieurs années avec « Dream on » d’Aerosmith sur « Sing for the moment ».

« Revival » est donc l’album le plus pop d’Eminem mais aussi un album engagé face à l’état actuel de son pays. Loin d’avoir perdu son talent et son débit qui lui collent à la peau, il reste une figure emblématique du rap américain malgré ce côté un peu trop lisse dans l’ensemble. En y réfléchissant, les mots ont souvent plus d’impact que la musique, un auteur talentueux peut survivre sans musique comme il l’avait prouvé lors de son freestyle anti-Trump en octobre dernier.

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