Saez : humanisme et engagement

On vous l’a déjà dit, chaque nouvelle sortie (musicale ou pas) de Damien Saez est une bousculade dans le paysage musical francophone. C’est à l’occasion du premier anniversaire du mouvement des gilets jaunes en France qu’il vient de sortir le quadruple album Le Manifeste – Ni dieu ni maître. Chronique !

Avec Damien Saez, nous ne sommes jamais à l’abri d’un dérapage ou d’une provocation et on ne va pas vous mentir, c’est ce qu’on cherche chez lui et ce qui fait aussi partie de l’Artiste. Alors quand il annonce un album de 39 pistes et presque quatre heures, l’impatience était de mise. Toutefois, il s’agit ici d’un mélange des trois albums précédents et de nouveaux morceaux exclusifs. Sept titres sont donc entièrement inédits. Bref, nous avons décortiqué le tout.

Ce qui saute rapidement aux oreilles, c’est que le chanteur n’a pas perdu sa rage ni son engagement. La nouvelle cible de Saez : Macron. Le morceau Manu dans l’cul (dont la première partie n’est pas sans rappeler Le petit âne gris de Hugues Aufray) est un véritable manifeste à l’encontre du président français tout comme Camarade président qui pourrait très bien s’adresser également à François Hollande sur certains aspects (les sans-dents sont évoqués durant le morceau). Bien entendu, Damien ne mâche pas ses mots et chante les choses comme il les pense avec la verve qu’on lui connaît (« Crois-moi la France elle en peut plus de voir ta gueule à la télé (…) putain allez casse-toi Manu j’suis sûr Brigitte elle va chialer »). Les mots sont durs mais choisis.

Le fond de l’air est jaune en France depuis plus d’un an maintenant et c’est cet air, visiblement nauséabond pour lui, que chante Saez. Même lorsqu’il s’accompagne seul de sa guitare acoustique, il continue à s’engager en véritable humaniste qu’il est, en choisissant les phrases qui feront mouche. Alors oui, on pourrait se poser la question de la légitimité de Damien sur certaines pistes (P’tite pute par exemple) mais qui sommes-nous en fin de compte pour juger l’engagement d’un artiste, aussi légitime soit-il ? Cependant, on retrouve toujours des thèmes plus « universels » qui lui sont tout aussi propres comme le fait de chanter les femmes (Germaine et Bonnie) ou les grands noms de ce monde (Mandela). Le chanteur est partout, sur tous les fronts.

Au fond, c’est toujours avec la même émotion que l’on retrouve la voix de Damien Saez. Lui qui a toujours véhiculé une forme d’engagement depuis ses débuts (Jeune et con, Fils de France…) y plonge dorénavant la tête la première pour « défendre » le peuple français qui ne s’est jamais autant battu qu’aujourd’hui pour faire valoir ses droits. Que ça plaise ou non, Saez ne fermera jamais sa gueule et c’est aussi ce qu’on attend de lui. Véritable artiste à part, il arrive encore à trouver les mots pour parler de ce monde qui lui semble bien triste.

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