Cette année encore, nous étions à Dessel en cette mi-juin pour le rendez-vous metal le plus attendu de l’année en Belgique : le Graspop Metal Meeting. Une édition riche en émotions et en beaucoup d’autres choses qu’on vous dévoile ici.
Il est des événements dont on ne peut décidément pas se passer. « L’essayer, c’est l’adopter », en quelque sorte. Mais l’attente était bien au-delà : l’affiche avait de quoi faire rêver et l’ambiance de ce festival possède ce petit truc en plus indescriptible qui lui laisse une place de choix dans notre coeur. Retour, en quelques mots, sur quatre jours intenses, caniculaires et grandioses.
Ce dont on se souviendra
Avec près d’une cinquantaine de concerts vus, notre classement a mis du temps à se dessiner et il est encore difficile aujourd’hui de l’arrêter complètement. On retiendra en tout cas la prestation cinq étoiles de Parkway Drive qui demeurera notre plus grande claque du week-end (et, d’après leurs propres dires, l’un des meilleurs concerts qu’ils aient jamais vécus). On citera également Lorna Shore, ce groupe qui a step-up de manière exponentielle en à peine un an et qui a transformé le Metal Dome en cathédrale du deathcore dimanche soir. Ice Nine Kills aura également retenu notre attention le vendredi avec son imaginaire horrifique grand-guignolesque mais purement et simplement efficace. Mention spécial à Helmut Lotti et son projet éphémère (?) Hellmutt Lotti Goes Metal qui a mis le feu à un Metal Dome qui affichait complet à l’occasion (la seule fois du week-end), le temps d’un concert de covers de classiques du rock. Ambiance survoltée garantie !
On pourrait également citer l’efficacité de Slipknot qui réussira d’ailleurs à nous faire pleurer en jouant Snuff sur nos terres pour la première fois depuis très longtemps. Toutefois, l’absence de Shawn Clown Crahan, retourné au pays pour prendre soin de sa femme malade, impactera quelque peu la force du concert. In Flames, de son côté, tentera à nouveau de remporter la palme du plus grand nombre de crowdsurfers sur la Main Stage (un record qu’ils essaient de battre à chaque intervention sur la plaine de Dessel). Mention spéciale enfin à Fever 333, dont le line-up complètement remanié depuis leur dernier passage à su nous transporter jusqu’en haut de la tour VIP d’où le chanteur aura lancé son micro (la légende raconte qu’il serait toujours sur le sol flandrien). On pourrait aussi vous parler d’autre grands moments comme les concerts de Ghost, Stray From The Path, Papa Roach ou encore Landmvrks qui ont tout défoncé sur leur passage, mais vous en auriez pour des heures de lecture.
Parlons aussi en quelques mots des moments de partage scénique qui ont égrené notre week-end. Slash rejoignant Tom Morello, Will Ramos (Lorna Shore) avec Chelsea Grin, Andrew Dijorio (Stray From The Path) en compagnie de Spiritbox ou encore, probablement le meilleur duo du week-end, Winston McCall qui rejoint Architects sur l’énorme morceau Impermanence. Tellement d’amour et d’amitié sur ces scènes !



Mais le Graspop Metal Meeting, ce n’est pas seulement du gros son et de la bière. C’est aussi un lieu de rencontre incontournable, bercé de bienveillance et de convivialité. Chaque année, le constat est le même : on se sent bien, à Dessel. Et ce sentiment, il est non seulement dû aux festivaliers pour qui « respect » et « amusement » sont les maîtres mots, mais aussi, et peut-être même surtout, aux agents de sécurité qui veillent au grain. Souriants, ils aiment ce qu’ils font mais aussi ce qu’ils écoutent et permettent aux spectateurs de se sentir « chez eux ». Distribution d’eau, fous rires et pas de danse ont rendu chaque concert un peu plus magiques encore qu’ils ne l’étaient déjà. En un mot : merci. Merci à eux de rendre ce festival possible et d’en faire une safe place sans nulle autre pareille.
Et puis, le Graspop, c’est aussi un peu (beaucoup) d’émotions. On retiendra à ce sujet les punks de Rancid qui, malgré une place difficile entre les metalleux d‘Architects et Pantera dont ils avaient totalement conscience, partiront heureux et émus après une prestation bien huilée. La peur de « faire tâche » s’est semble-t-il rapidement envolée face à un public toujours dans la bienveillance et l’amusement. Winston McCall, de Parkway Drive, ne paraîtra pas moins bouleversé par ce public totalement conquis juste sous ses yeux. Un sans faute pour ce public dont la Belgique peut être fière (malgré les a priori relayés par certains médias au sujet de la grande famille du métal. Non, le rock ce ne sont pas que des chevelus qui invoquent Satan en se bousculant violemment…)



Ce qu’on préfère oublier
… Eh bien pas grand chose en fait. Il existe toujours des couacs à déplorer : un son souvent approximatif en fonction d’où l’on se trouve, une programmation parfois difficile à comprendre (pourquoi Motionless in White en extérieur et non dans le Metal Dome ? Pourquoi pas Rancid en tête d’affiche de la Jupiler, scène punk par excellence ?), mais, globalement, le Graspop a répondu à toutes les attentes sans jamais se planter. Il faut dire que le métier de programmateur est un véritable casse-tête pour un festival d’une telle envergure. Autre point d’ombre, les prix encore et toujours exorbitants sur le site : 7,70€ la petite frite (comptez 1€ la sauce), 4€ le Calipo ou encore près de 15€ la portion de Fish & Chips sachant que le combi coûte déjà 300€, voilà qui ne permet pas à tout un chacun de profiter d’un événement pareil comme il le devrait.
La formule XXL tient la route, et sa reconduite pour 2024 nous enchante d’ailleurs tout particulièrement. Avant même de connaître le line-up, on est en tout cas sûrs d’une chose : on reviendra et on s’amusera, comme chaque fois. Rien que pour ça, merci au Graspop, merci à l’organisation et merci à toutes les personnes qui rendent cet événement possible. Un coup de coeur non dissimulé pour notre part.