Les Parisiens de Lies We Sold prévoient de sortir leur 3ème EP prochainement. L’occasion pour nous de découvrir leur univers, et de parler futur avec eux.
Pourriez-vous nous raconter comment le groupe a vu le jour ? Comment est-ce-que ça a commencé ?
Alex (guitariste) : A vrai dire, c’est un groupe qui existe depuis longtemps, et qui a pris plusieurs noms différents. Le « vrai » projet, ce qu’on fait maintenant, c’est difficile à dire quand il a vraiment commencé. Avant qu’Anthony, notre chanteur, n’arrive, ça faisait deux ans qu’on travaillait sur notre premier EP, Words. On travaillait donc surtout de l’instrumental, puisqu’on n’avait plus de chanteur. A l’époque, il y avait vraiment un côté ville, les copains, la musique… Et on voulait donner un peu plus de sérieux à ce projet-là, alors on a évolué musicalement, on a fait des changements de line-up… On a alors créé ce qu’on pense être de supers chansons, mais on n’avait personne pour les chanter ! Au final, on a tenu parce qu’on est une bonne bande de potes. On a fait une vidéo promotionnelle un peu catchy et on s’était dit « si on n’a pas de réponse dans 10 jours, on abandonne ». Au final, Anthony a répondu et humainement ça a matché tout de suite. Y avait déjà des maquettes déjà bien produites, y avait plus que le son à poser. Il a eu carte blanche, y avait une vraie force de composition et en plus de ça, il réalise des clips. Ça a relancé le projet et l’a redynamisé à une autre échelle.
Tu dis que ça redynamises le projet, mais j’ai cru comprendre aussi que vous avez pu compter sur des collaborations assez importantes avec notamment Pierre Danel de Kadinja et Nicolas Exposito de Landmvrks. Comment ça s’est passé ?
Alex : Pierre, ce sont des connaissances qui nous ont renvoyés vers son studio, Axone. On le croisait au début, puis il a pris plaisir aux compositions, il nous a clairement dit « ça me ferait plaisir de vous donner un coup de mains et de kiffer avec vous ». Finalement, il est rentré dans le processus d’écriture, d’arrangements, puis finalement, on s’amusait, on buvait des bières (rires). Il s’est pris au jeu et il nous a beaucoup aidés, surtout techniquement, il nous a appris beaucoup.
Anthony : C’est différent pour Nico. Il est arrivé plutôt sur la partie mix et masters. A la base j’avais contacté Flo, de Landmvrks aussi, parce que lui aussi il mixe. Il m’a renvoyé vers Nico parce que lui n’avait pas le temps à ce moment-là. Ils étaient en train de terminer l’enregistrement de leur dernier album (Lost in the waves, NDLR). Nico nous a forcés à être très propres, très carrés. Il nous a aidés en partie sur notre deuxième EP, Upside Down.
Alex : C’est plus parti sur une relation « business », c’était de très beaux échanges également car humainement c’est quelqu’un de chouette, mais on est restés sur le côté pro là ou avec Pierre c’était plus dans la détente, on a beaucoup échangé.
Ça vous a permis de prendre une autre dimension, quand même.
Anthony : En termes de son y a pas de doutes oui !
Alex : En termes de prod aussi clairement.
Au niveau de votre troisième EP, comment ça s’est passé de ce côté-là ?
Anthony : Là, on a tout fait nous-même. On a déjà sortis trois singles qui seront dessus et deux autres vont les accompagner. C’est censé sortir pour septembre-octobre. Et Nico a participé au mix et master parce que clairement… Il est très chargé en ce moment ! (rires)
Cet EP, de quoi est-ce-qu’il en retourne exactement ? Il y a un fil conducteur, un thème qui se dégage ?
Alex : Je pense qu’on a pris tous les acquis de ces expériences collaboratives. Tout ce qu’on ne savait pas faire avant, maintenant on sait le faire alors on le fait nous-mêmes.
Anthony : Avant on écrivait les morceaux, on arrangeait un peu chacun de notre côté puis on faisait des sessions tous ensemble. Cette fois-ci, on a travaillé de sorte à avoir des compos plus homogènes.
Alex : On voulait avoir de la cohérence sur cet EP. Dans sa conception, ça se rapproche un peu plus d’un album. C’est moins décousu, moins « singles », plus lié.
Anthony : Pour l’EP précédent, y a eu des compos faites avant le Covid, d’autres pendant. C’était plus compliqué. Ici, on a plus de temps pour taffer le tout dans son ensemble.
C’est peut-être un peu tôt pour en parler, mais après cet EP, vous pensez déjà à réaliser un album plus construit, ou ce n’est pas encore dans vos projets ?
Anthony : On n’en a pas encore vraiment parlé mais ouais, le prochain truc ce devrait être un album. Même si aujourd’hui, les albums ont moins de sens qu’avant, parce que la musique se consomme beaucoup à la chanson, malheureusement. Mais on est déjà dans le process d’écriture.
Est-ce-qu’il y a des thèmes qui vous rassemblent dans ce process ?
Anthony : Les lyrics c’est plutôt moi de base. J’ai envie de raconter des histoires, et j’écris souvent en fonction de ce que j’ai envie de filmer également. Le visuel m’inspire beaucoup. J’essaie toujours de faire des choses très imagées, métaphoriques. Comme ça, chacun se fait sa propre idée dessus. J’ai pas de thèmes en particulier qui me viennent, je ne suis pas dans le « personnel », à part pour cet EP-ci peut-être qui est un peu plus dark dans les paroles.
Alex : On est quand même sur des lyrics où on quitte un peu les clichés du metal « la mort, la destruction » etc, on est sur quelque chose de plus poétique. Tu vas matérialiser une personne sous forme de montagne, des choses comme ça. On ne veut pas rentrer dans des refrains « catchy », on veut que l’émotion parle. En fait, on n’a pas de jugement dans nos chansons, on va raconter une histoire. On parle souvent de manque, il manque quelque chose, comme un creux, quelque chose qui ne va pas, mais c’est toujours très abstrait. Toi tu peux l’interpréter d’une manière, quelqu’un d’autre le lira autrement.
Et vos inspirations, vous les tirez d’où ? Sur la scène metal actuelle ? Anthony explique qu’il voit d’abord le visuel, est-ce que quelque chose vous inspire particulièrement de ce côté-là ?
Anthony : Visuellement, je pense d’abord cinéma plutôt que clip. Mais je n’ai pas spécialement la volonté de faire « quelque chose qui ressemble à ça ou ça », c’est mon travail aussi donc j’ai un style bien à moi, je vais simplement avoir une image en tête qui après m’inspire des paroles. J’ai pas un process d’écriture très carré. On ne peut pas vraiment dire qu’on a des inspirations particulières, quand tu vois Alex, par exemple, il n’écoute pratiquement pas de metal !
Alex : Il y a beaucoup de styles de metal que j’apprécie pas. Perso, je suis très californien, 90’s, 2000s, summer vibes, la voiture la fenêtre ouverte, Green Day, Sum 41, Yellowcard…
La scène metal française commence vraiment à se faire un nom sur la scène en général. Vous en pensez quoi ?
Anthony : Ce qui est cool avec cette scène c’est que tous les groupes sont très différents. Landmvrks, Novelists sont similaires mais pas totalement non plus. Ten56 c’est un autre délire, Gojira, rien à voir… Rise of The Northstar avec leur délire très perso…
Alex : On sent vraiment une montée de la scène française.
Anthony : Ça motive oui, mais ça reste compliqué pour nous de faire des concerts etc. Ça devrait mieux fonctionner à partir de la rentrée.
Alex : Je pense que ce qu’il manque sur la scène metal française, c’est une véritable « vague ». On commence à aller vers ça, on sent qu’il y a de plus en plus de prod mais ça manque encore de visibilité, d’un petit coup d’éclat.
Est-ce-que vous vous sentez soutenus en France ?
Anthony : Les petites salles ont du mal à programmer du metal parce que ça ne ramène pas vraiment d’argent. A Paris, les bars concerts sont fermés parce qu’il y a trop de normes de sécurité et compagnie… C’est de moins en moins faisable.
Alex : Des festivals, on en a deux peut-être… Même des indépendants, il n’y en a pas énormément. Le milieu est vraiment sous-évalué dans les médias. On parle du Hellfest mais on ne parle pas de la musique…
Malgré tout ça, vous avez un rêve en particulier en matière de concert ?
Anthony : Dans un premier temps je veux surtout parcourir l’Europe. On va essayer de faire ça prochainement, comme un rêve qui devient réalité ! (rires)
Alex : Faire une vraie tournée simplement. Je vise pas la lune !
Est-ce-qu’il y a des groupes avec qui vous aimeriez tourner ?
Alex : Bring Me The Horizon. Je les ai contactés ils ne me répondent pas ! (rires) On doit encore bosser pour être vraiment biens. On doit faire mieux. Si on arrive à avoir une constance, on aura plus de crédit et de visibilité. Notre objectif, c’est de jouer régulièrement et d’avoir une constance.
Qu’est-ce-qu’on peut vous souhaiter pour 2023 et 2024 alors ?
Alex : Tout simplement plus de concerts ! On rencontre des gens qui nous apprécient puis on ne joue pas pendant un moment. C’est dommage.
Anthony : L’année prochaine, on espère que ça va booster le projet. On essaie d’être efficaces à ce niveau-là.
Alex : On est à un stade où on a de quoi se défendre en live. On travaille pour ça en tout cas.
