A l’occasion de la sortie de leur nouvel album, Where Do We Go From Here, ce 25 août, nous avons eu la chance de discuter avec Danny Worsnop, chanteur principal du groupe britannique Asking Alexandria. L’occasion d’évoquer la création de cet opus mais aussi, plus globalement, de questionner l’existence même du groupe de metalcore, qui se positionne parmi les plus populaires du genre.
Comment s’est dessiné votre dernier album ?
On voulait créer un album pour les fans qui inclurait quelque chose de nos deux facettes : celle pour ceux qui aiment nos sonorités d’il y a 14-15 ans, plutôt énervées et screamo, mais aussi celle des grandes salles plus ouvertes au « rock » populaire que l’on développe depuis ces sept dernières années. On a développé quelque chose entre les deux.
Where Do We Go From Here sortira le 25 août prochain. A la première écoute, il semblerait qu’il soit l’album le plus accompli parmi tous ceux que vous avez écrits. Qu’est-ce-qui vous a permis d’en arriver là ? Comment expliqueriez-vous l’évolution du groupe depuis Irony of your Perfection ?
A l’époque d’Irony, personne du groupe actuel n’était vraiment impliqué. C’était surtout l’ancien groupe de Ben, appelé End of Reason. Il a changé de nom quand cet album est sorti et le groupe s’est séparé au même moment. Cela fait près de 18 ans, peut-être plus. Le premier véritable album d’Asking Alexandria, ce serait plutôt Stand Up and Scream, qui a 15 ans. On a réellement appris à écrire des chansons et personnellement je ne savais absolument rien de ce premier opus. Je n’étais pas encore un chanteur et j’avais seulement quelques mois sous le coude. Je chantais une partie de chanson puis je devais prendre 2-3 jours pour retrouver ma voix. Tout l’ensemble est marqué par l’autotune, c’est très dur pour moi d’écouter ça aujourd’hui ! (rires) Cet album-ci, je voulais juste que ce soit un album pour les fans. Le précédent était tellement personnel pour nous, qu’il semblait normal d’en écrire un « pour eux ».
Comment s’est passé le processus de création ?
Honnêtement, c’était assez facile. On ne voulait rien tenter de nouveau ou réinventer complètement la roue. Pas d’exploration, pas de limites transgressées… Cela ne raconte pas notre vie personnelle ou nos émotions actuelles, c’est plutôt une tentative pour nous de couvrir un large ensemble d’émotions et ainsi devenir une place où les gens peuvent se retrouver, et trouver un lien avec leur propre vie. Cela a forcément aidé à travailler rapidement, parce qu’on savait d’emblée ce qu’on voulait faire.
Malgré tout, la perte, l’anxiété, les combats… sont les thèmes principales de cet album. Qu’est-ce-qui vous a inspiré ? Est-ce que c’est quand même une forme d’introspection ? Une vue globale de la société ? Les deux ?
J’écris habituellement avec un point de vue très personnel et mes chansons sont ma thérapie. Mais cet album n’était pas vraiment l’endroit pour ça, hormis dans les chansons Things Coud Be Different ou Where Do We God From Here. C’était plutôt donner aux gens quelque chose qui pouvait résonner en eux que de parler de ma réalité à moi.
On remarque également un retour vers votre son original, avec des sonorités metalcore, comme dans Dark Void, Kill it with fire ou Nothing Left. Qu’est-ce-qui vous a poussés à revenir vers cela ?
Pour être franc, je ne sais absolument pas ce qu’est exactement le metalcore donc c’est très difficile à dire ! (rires). Comme je le disais, on voulait créer une collection de musiques qui représentent ce qu’on fait depuis nos débuts. Nos influences, ce sont donc juste nous et nos précédents albums.
Things could be different est le titre de la deuxième chanson de votre album. Si tu pouvais revenir en arrière, y aurait-il quelque chose que tu aimerais changer au sujet de Asking Alexandria ?
Il y a clairement un million de choses. J’ai commencé sans être vraiment un chanteur et je ne savais vraiment pas ce que je faisais. Pour moi, personnellement, en dehors d’une angoisse adolescente globale, le scream était pour moi comme une béquille parce que je n’étais pas du tout confiant avec ma voix. Si j’avais travaillé dés le début pour en arriver là où j’en suis maintenant vocalement, on aurait pu éviter beaucoup de problèmes et de stress. On ne comprenait pas non plus vraiment le business à l’époque et donc on a fait pas mal d’erreurs sur ce point-là. Je changerais complètement cela si je pouvais ! Le recul pris par contre, aujourd’hui c’est 20/20.
Malheureusement, vous avez dû annuler la fin de votre tournée européenne cet été à cause du pied cassé de James. Comment se sent-il aujourd’hui ?
Il travaille énormément avec des professionnels pour être sûr de pouvoir être en forme pour la prochaine tournée. Il a recommencé à jouer la semaine dernière et se sent bien. Il n’a pas beaucoup de flexibilité mais il joue de la batterie donc je pense qu’on avance dans la bonne direction.
Est-ce-qu’on peut espérer une future tournée des salles en Europe ?
Cela n’a pas encore été discuté mais dès qu’on reçoit un mail ou un appel et que ça sonne bien, on sera là !
