Atreyu méritait bien plus à Anvers

Mercredi 7 décembre, on avait une nouvelle fois rendez-vous au Kavka Zappa, cette fois pour la date belge d’Atreyu. Une salle à peine remplie pour un groupe qui méritait bien davantage…

La salle du Kavka Zappa nous a offert de belles affiches ces dernières semaines. Et celle de ce mercredi n’a pas failli à la règle : les Californiens d’Atreyu ont en effet retourné une salle pourtant timide au départ.

Les vampires Creeper ont ouvert la marque en début de soirée avec leur hard rock gothique pour le moins surprenant. Non pas qu’il soit particulièrement technique, mais plutôt qu’il détonnait quelque peu avec la tête d’affiche. Des musiciens impassibles au look uniforme (vestes en cuir à leur effigie, bas du corps recouvert de noir, maquillage sombre), chanteur charismatique mais prétentieux… On se prend un peu trop au sérieux du côté de Creeper et c’est ce qui, malheureusement, nous empêchera de profiter pleinement de leur set. Musicalement intéressant, le groupe perd en effet rapidement sa crédibilité, en tout cas à nos yeux. Leur passage satisfera toutefois ses fans venus en nombre exclusivement pour eux.

Changement de cap donc avec la montée d’Atreyu. A l’inverse de leurs prédécesseurs, les musiciens ont le sourire aux lèvres : l’auto-dérision et le fun font partie intégrante de leur prestation. Une entrée sur le tube Sandstorm suffira à nous convaincre que ce concert sera festif ou ne sera pas, et on n’a pas été déçus du voyage. Entre classiques tels que Ex’s and Oh’s et nouveautés comme (i), Atreyu a réussi à retourner une salle pourtant timide ; à peine remplie, elle a mis beaucoup du temps à s’embraser. Il a fallu insister sur quelques chansons (Battle Drums en tête) pour que le pit s’ouvre… Et ce n’est pas faute d’avoir prévenu : « Vous êtes le public le plus calme de la tournée« , a d’ailleurs asséné Brandon Saller, le frontman. Remarque qui titillera l’orgueil anversois et permettra à l’ambiance de prendre son envol.

Rires, guitares remplies (littéralement) de sushis, bières offertes par les spectateurs (typiquement belge, ça, selon les Californiens), le concert d’Atreyu représente à peu près tout ce qui nous fait aimer la musique et les petites salles : une communion simple, où public et artistes ne font qu’un. Si on n’a passé un moment plus qu’agréable, on regrettera toutefois cette réaction tardive. Parce que les Américains méritaient plus, bien plus que ce que le public belge a pu lui proposer ce mercredi. Un bémol qui ne nous empêchera pas de hisser ce show parmi nos préférés de cette année.

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