Le samedi 6 avril, le Trix nous donnait rendez-vous pour une soirée deathcore des plus primaires. Mouth For War, Boundaries, Bodysnatcher et Spite se sont succédés devant un public survolté, parfois un peu trop.
La programmation du Trix Club continue de nous faire rêver ces dernières semaines. Après le passage remarqué d’Attila et de Born of Osiris, c’était au tour de Spite et Bodysnatcher de rejoindre le haut de l’affiche. Une réunion alléchante, et sublimée par les premières parties, Mouth For War et Boundaries, désignées pour chauffer la salle.
Mouth For War ouvrira donc les hostilités avec une demi-heure de retard, pour des raisons inconnues du public mais les Coloradiens feront vite oublier ce décalage aux coreux présents en masse et dont les jambes commenceront à se délier au fil des titres. Se présentant lui-même comme un groupe de « mosh metal », Mouth For War amorcera une ambiance féroce, qui ne cessera de monter au fil de la soirée.
On pensait souffler durant Boundaries qui, malgré un dernier album d’une énergie débordante et d’une rage immense, demeurait l’interlude mélodique de la soirée ; il n’en fut rien puisqu’une bonne partie du public s’est déplacée en nombre pour les voir et ne s’est pas gênée pour le faire savoir : refrains repris en coeur, pit toujours plus large, groupe en pleine ascension et professionnalisme grandissant feront de ces trente minutes de concert un moment inoubliable. La chaleur continue de monter, et on se rapproche de plus en plus du point de rupture, celui qui rôde dans les soirées core de manière générale.
C’est sans surprise que ce point sera atteint lors du passage de Bodysnatcher, première grosse écurie de la soirée. Leur passage en demi-teinte au Muziekodroom en 2022, avec Chelsea Grin et Carnifex, nous avait laissé un goût de trop peu, avec une ambiance qui ne leur avait pas rendu justice. Cette fois, c’est presque un goût de « trop » que nous laisseront les Floridiens ; une scène élargie presque trop grande pour eux, et les humeurs qui s’échauffent dans le pit forgeront un set particulièrement intense. On retrouve le deathcore dans son plus simple appareil ; à la fois pur et extrêmement dur. Une chose est sûre, les amplis ont souffert sous le courroux des stage dive (parfois spectaculaires, souvent foireux), tout comme la jambe d’un fan, sorti non sans peine de la salle pour s’éclipser en ambulance. Le genre de scénario qu’on aurait préféré éviter, mais qui fait malheureusement, partie du schéma habituel. On regrettera les échauffourées qui ont tout simplement dépassé l’esprit de communion (même violente) dont le deathcore peut souvent se porter garant…
Spite clôturera cette soirée haute en couleurs sur une note plus speed encore que les précédentes. Le deathcore flirte ici avec du thrash et du speed metal, rappelant parfois la densité sonore de Meshuggah. On se sent littéralement embarqué dans un mur de son intense qui fait lui aussi pleuvoir les coups. Une rencontre des extrêmes qui conclura une soirée d’une violence rare, celle dont seuls les coreux ont le secret.
