Ill Niño, un goût de (beaucoup) trop peu

Ill Niño atterrissaient dans la cité ardente ce dimanche 15 septembre, pour leur premier concert en Belgique depuis plus de 20 ans. Un retour en demi-teinte qui nous a laissé un goût de trop peu.

Il faut dire que les nouvelles n’étaient pas forcément réjouissantes. A quelques jours seulement du concert de Ill Niño à Liège, le groupe annonçait l’absence de son chanteur, Marcos Leal, présent depuis 2019. Une absence temporaire, visiblement, qui laissera la place à un remplaçant pour le moins inattendu : Tommy Vext, ex-Bad Wolves et frontman au passé pour le moins tumultueux. Un choix surprenant, non pas parce que Tommy est particulièrement controversé, mais aussi et surtout parce que sa voix ne nous semblait pas vraiment correspondre aux accents latins qui font la spécificité du groupe. C’est donc un peu hagards que nous nous sommes rendus à l’Espace Truffaut à Liège…

Une journée que nous avons commencée avec Mind Incision, groupe très récent (2022) composés de membres de la scène locale de Denver. Jason Neil (chanteur, membre de Arcanium), Jon Maggard (guitariste principal, membre de Fist Fight), Joel Karschner (bassiste, membre de Adam’s Ruin et The Crimson Red), Kyle Loucks (guitariste rythmique, membre de Less Than Under), et Kelly Morse (batteur, membre de Crossphire) forment un quintet nu-metal brut de décoffrage et plutôt efficace. Une entrée en matière intéressante avant l’arrivée de Ektomorf, amis de longues dates de la tête d’affiche du jour et déjà aperçus lors de leur précédente tournée en 2017. Les Hongrois, dont les sonorités rappellent à la fois Machine Head et Soulfly, ont peiné à chauffer un public clairsemé et pourtant acquis à sa cause. Les hanches mettent du temps à se délier et la salle à se remplir. Dommage, tant le set est efficace. Avant eux, Echoes of Nihil et Dogmeat, deux groupes belges en plein essor, ont débuté les hostilités dans le calme.

Il faudra donc attendre les stars de la soirée, les Américains d’Ill Niño, pour que les spectateurs se décident à montrer les crocs. La setlist est d’abord parfaite : les classiques This Is War, How can I live, ou encore I am Loco conquièrent rapidement les Liégeois qui ouvrent finalement le pit. Notre appréhension première sera balayée gentiment par Tommy Vext qui, s’il ne possède pas ce « petit truc Il Niño en plus », parvient à lui rendre justice. Hommage lui sera également fait avec la reprise de Zombie des Cranberries qu’il avait sortie en son temps avec Bad Wolves et qui aura marqué les esprits ce dimanche. Malheureusement, le set ne durera que 1h15, dont un quart d’heure de medley autour des grands classiques du metal (de Korn à Pantera en passant par Twisted Sister). La faute sans doute à un remplacement de dernière minute qui n’a pas permis au frontman d’en apprendre davantage ; et on ne lui en tiendra pas rigueur, tant la nouvelle a été précipitée.

C’est finalement un concert en demi-teinte, mais toutefois festif que le DRF nous a organisé dimanche. Le genre de rendez-vous qu’on espère plus régulier dans la cité ardente.

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