C’est toujours un événement sur la scène musicale française, Indochine était de retour ce 7 septembre avec un quatorzième (et double) album intitulé Babel Babel.
Un single. Un seul single. Voilà le plan de com’ décidé par Indochine pour la sortie de ce nouvel album. Le chant des cygnes était dévoilé en juin dernier pour les Jeux Olympiques de Paris. Efficace et catchy, le morceau est le seul que le groupe avait choisi de sortir avant la release de Babel Babel début septembre. Si le choix peut sembler étonnant, il n’en est pas moins malin, entretenant une forme de mystère que les fans souhaitaient lever rapidement. Mais est-ce que ce mystère valait la peine d’attendre trois mois ?
Déjà, ce Babel Babel est un sacré morceau à décortiquer. Avec pas moins de 17 chansons, Nicola Sirkis et sa bande n’ont pas fait les choses à moitié à l’heure où les albums ne dépassent globalement pas les 45 minutes. Mais en analysant de plus près ce disque, on tient là une narration intéressante. Les neufs premiers titres constituant le disque 1 semblent faire le constat d’un monde qui court à sa perte, devenu une sorte de nouveau cercle de l’enfer où les péchés s’entassent.
Si Showtime lance les hostilités avec un texte équivoque entre sexe et émancipation, la suite prend une autre tournure où la mort, le dépassement de soi et l’amour prennent le relais. Cette première moitié, c’est un hymne à se surpasser mais aussi à la fraternité et à la conscience face aux puissants qui nous regardent avec dédain, notamment sur La belle et la bête quand Nicola chante « Je suis le Diable, ne me laisse pas tomber de haut » ; Lucifer ne serait-il pas tous ceux qui se prennent pour Dieu ? Et ces références bibliques, on les retrouve un peu partie dans cette première partie notamment sur Sanna sur la croix ou La vie est à nous. Pour ce qui est de la seconde partie, on est dans quelque chose de plus lumineux où le groupe semble faire fi d’un monde détruit, oubliant les malheurs derrière eux pour créer un monde nouveau, solidaire afin de redécouvrir de nouvelles sensations (En route vers le futur).
Ces deux parties, finalement, se répondent comme une sorte d’Ancien et de Nouveau Testament, proposant une montée vers une forme d’apocalypse faisant éclore un monde nouveau (ce qu’on pourrait mettre en parallèle avec la construction de la Tour de Babel suivie de sa destruction par Dieu). Mais au-delà de cette construction musicale, ce Babel Babel est avant tout un album 100% taillé pour la tournée qui s’annonce parce qu’on retrouve dans différentes chansons des « Allez » ou « Let’s go » de Sirkis qu’on imagine déjà très bien en concert. Si ça peut sembler anecdotique, cela risque de prendre son sens sur scène (nous aurons la chance d’être à Bruxelles le 5 avril prochain).
Pour ce quatorzième album, Indochine poursuit son aventure rock/new-wave redoutable. Si bon nombre de haters critiquent le manque d’originalité des grilles d’accords du groupe depuis de (beaucoup trop) nombreuses années, on ne peut pas nier que ça reste néanmoins efficace même après plus de quarante ans de carrière et que le groupe continue à soulever les foules. Bref, Babel Babel est un album contemporain, bien installé dans son époque.
