Rapidement devenu un groupe incontournable de la scène alternative contemporaine, Sleep Token était à Forest National ce 19 novembre pour une soirée qui ne nous a pas laissés indifférents.
Pour lancer la soirée, c’est le groupe américain Bilmuri qui était chargé de chauffer la foule déjà bien compacte. Avec une popcore-survitaminée-plus-américaine-que-ça-tu-meurs, le groupe a su offrir un set dont on ne peut pas véritablement vous définir les grandes lignes mais qui a toutefois été redoutablement efficace. Ils l’ont annoncé, ils seront de retour en Belgique au mois de mars.
C’est en janvier 2023 que nous croisons pour la première fois la route de Sleep Token. En première partie d’Architects, le groupe nous avait fait forte impression avec leur style à la croisée des genres. On était dès lors impatients de découvrir ce que valaient les Britanniques dans leur set bien à eux.
Dès les premières notes de The Night Does Not Belong To God, on plonge dans cet univers sombre où Vessel, nom de scène du chanteur toujours (ou presque) anonyme, s’avance de façon quasi prophétique derrière une sorte d’autel à sa gloire. Très vite, il est rejoint par ii, iii et iv, ses musiciens qui vont nous donner une véritable leçon ce soir. Ils sont tous les quatre accompagnés de trois choristes indispensables à l’univers du groupe. Rapidement, The Offering arrive dans la setlist et confirme que ce soir, c’est du très lourd qui nous attend. C’est heavy, c’est puissant mais c’est surtout fragile. C’est d’ailleurs toute cette fragilité qui fera l’essence de ce concert où on sent que tout peut basculer à n’importe quel moment mais à aucun moment le groupe ne perdra l’équilibre. De sa voix venue des profondeurs, Vessel nous délivre une performance épatante, qu’il screame, chante ou rappe. Car oui, c’est ça Sleep Token : une multitude d’influences mélangées pour ne faire qu’un, créant une multiplicité complexe mais cohérente tout du long du set.
Si le groupe ne parle jamais sur scène pour préserver le mystère sur son identité, il se sert d’interludes pour créer des ponts entre les différentes parties du concert afin de ne pas balancer au public une simple succession de chansons. Ces dernières sont d’ailleurs régulièrement reprises en choeur comme Alkaline, The Summoning ou encore l’immense Take Me Back To Eden qui avait d’ailleurs donné son nom à leur dernier album en date. Et que dire de la mise en scène ? Les mots qui ne sont pas prononcés sont compensés par un show de lumières complètement fou qui donne encore plus de profondeur au set.
Ce soir, c’est à une grand-messe toute particulière à laquelle nous avons assisté à Bruxelles. Si on pouvait s’étonner de déjà retrouver Sleep Token à Forest National en si peu de temps, on est sortis de l’arène avec la conviction que la place était amplement méritée.