Yellowcard au Trix : un soir de nostalgie

Mercredi 20 et jeudi 21 novembre, Yellowcard refoulait les planches du Trix pour la première fois depuis dix ans.

Nous avions rendez-vous au Trix pour la deuxième soirée concert de Yellowcard. Les Américains avaient beaucoup à dire et ont placé cette soirée sous le signe de la nostalgie.

Mais d’abord, le show a démarré en douceur avec le duo acoustique This Wild Life. Un chanteur-guitariste rythmique (Kevin Jordan) et un percussionniste-claviériste-choeur qui change d’instrument à chaque morceau (Anthony Del Grosso) pour un set plein de délicatesse et d’humour. Deux hommes à tout faire qui ont réussi à ambiancer une salle encore disparate, mais déjà prête à donner de la voix. Le contraste entre un t-shirt Ov Sulfur et une voix d’ange pour l’un, et l’impressionnante maîtrise des instruments pour l’autre suffiront à nous convaincre et à nous emporter dans leur univers pourtant très simple.

Toutefois, la première sensation de la soirée (et peut-être même la seule…) viendra de leurs successeurs, Story of The Year. On vous le dit tout de suite : nous, on est un peu venus pour eux, à la base. Non pas que Yellowcard ne nous intéressait pas, mais plutôt que le quatuor de St. Louis a bercé notre adolescence et l’a marquée au fer rouge avec des tubes comme Until the day I die ou Sidewalks. Une bande de potes qui avait disparu des radars de 2010 à 2017, et qui nous a fait l’honneur d’un excellent nouvel album en 2023, nommé Tear Me Into Pieces. À la croisée des genres, ­entre rock alternatif et punk-rock avec quelques (légers) soupçons de metal, Story of The Year possède cette faculté à ne pas vieillir malgré son ancrage dans les années 2000. Les idées sont bonnes, variées, et fonctionnent extrêmement bien en live. On est sur le show le plus « heavy » de la soirée (toutes proportions gardées), et il nous donnera clairement envie d’en voir plus, en headline la prochaine fois.

Après neuf chansons reprises en choeur, c’est au tour des stars de la soirée de monter sur les planches, pour fêter les 20 ans de leur quatrième album studio, Ocean Avenue. Après une absence de longue date et à défaut d’un nouvel album, c’est donc un concert placé sous le signe de la nostalgie qui nous attendait. Neuf titres de l’album seront donc joués face à un public décidément conquis et prêt à hurler sur Way Away, Only One ou encore Back Home. Quelques titres sortis du reste de leur discographie complèteront cette setlist, telle que Keeper, chantée pour la première fois en live depuis 2007. L’annonce d’un nouvel album a également été faite, et on ne peut que s’en réjouir étant donné leur silence de longue date. S’en réjouir… Et surtout espérer. Espérer que cette fois, Yellowcard évoluera, en accord avec son temps. Parce que ce que l’on retiendra, nous, de ce concert, c’est qu’il était empli de nostalgie, certes. Mais que la nostalgie a bon dos quand on grandit. Les titres punk rock douillets de 2003 ne nous font décidément plus le même effet, à nous.

On sera peut-être les seuls ; d’autres, eux, ont su apprécier le show à sa juste valeur, bien huilé et énergique. Mais force est de constater que le Yellowcard d’aujourd’hui doit absolument passer un cap supplémentaire. Un cap où les morceaux ne se ressemblent plus tout à peu de chose après. Et un cap où le violon prendra une place encore plus grande dans leur discographie ; parce que la star de la soirée, c’était clairement Sean Mackin, le violoniste au large sourire. Une dose de fraîcheur dans un registre trop entendu, trop répétitif et qu’on espère redécouvrir autrement avec les nouveautés annoncées.

Et toi, t'en as pensé quoi ?