La Province de Liège regorge d’artistes parfois méconnus qui méritent pourtant qu’on s’y attarde. C’est le cas avec Sanguis Orbis notamment, quatuor qui a fait du Black metal sa spécialité.
Comment commence l’histoire de Sanguis Orbis ?
Jérôme (guitariste) : Moi, j’écoute de la musique depuis toujours. J’ai commencé la guitare à 15 ans, et l’envie de faire un groupe est arrivée très vite. Officiellement, ça commence en 2008. A l’époque, on avait 18 ans et c’était un line-up complètement différent. On avait deux guitares, un autre bassiste… Je suis le seul survivant du projet ! (rires) Michel et Romuald, batteur et basiste, m’ont rejoint en 2011 mais la seconde naissance du groupe, c’est vraiment en 2017 avec l’arrivée de Brian (le chanteur, ndlr) qui nous a vraiment donné un second souffle.
Brian, justement, en plus du scream dans Sanguis Orbis, tu fais également partie d’un ensemble vocal. Un registre totalement différent donc ; comment est-ce-qu’on passe de l’un à l’autre comme ça ?
Brian : Ça fait très longtemps que j’écoute ET de la musique ancienne (avant Bach), ET du metal. J’ai commencé en faisant du chant chorale, et finalement, en rencontrant le groupe par l’intermédiaire d’un ami en commun, je me suis intéressé au chant metal. C’était tout nouveau pour moi et ça m’a énormément plu d’emblée.
Vous allez bientôt sortir votre premier album, Adunatos Anabasis. Comment le résumeriez-vous ? Est-ce-qu’il s’agit d’un condensé de votre carrière, ou bien d’un projet plus précis ?
Jérôme : C’est un condensé de tout ce qu’on a fait ensemble. On travaille certaines chansons depuis très longtemps. Brian a posé sa voix sur d’anciennes compos. Plus jeunes, c’était compliqué pour nous de financer ce projet. Maintenant qu’on est stables, on s’est lancés, on pense être prêts. On est allé au Noise Factory Studio, qui avait déjà produit nos démos.

Comment créez-vous vos chansons ?
Michel : Ça part toujours de Jérôme. Il amène les riffs, on travaille dessus puis chacun amène sa patte. C’est un peu ce qu’on fait quand on répète ; on improvise, Jérôme lance un riff et on se cale autour. ça se fait vraiment naturellement. La musique, c’est une énergie ; ça fait fait un moment qu’on joue ensemble et ça prend très vite forme.
Brian : Au niveau des paroles, Jérôme en a écrites beaucoup mais je m’occupe des nouvelles compos. Point de vue thématique, c’est du black : on parle de mal-être, de dépression… Ce sont des thèmes récurrents dans le genre.
Pour votre album, vous avez choisi des illustrations d’un artiste, ton père, Jérôme. Pourquoi ce choix ?
Jérôme : Depuis le début, c’est mon père qui s’occupe de nos visuels, notamment pour nos démos. C’est une commande qu’on lui fait en fonction du thème. Ici, c’est « remontée impossible », comme le titre de l’album. La couverture, c’est un homme qui veut sortir d’une caverne comme Platon, parce qu’il voit de la lumière ; mais il est rattrapé par ses démons. Le back, par contre, il sort, mais il se rend compte que ce n’est pas mieux dehors. L’espoir n’existe pas.
Brian : Adunatos Anabasis signifie littéralement remontée impossible. C’est ce qui anime nos chansons. C’est l’inverse de la catabase, qui signifie descente aux enfers.
Vous avez une date en février au MCP Apache à Fontaine-l’évêque qui se profile. Comment vous vous sentez ?
Jérôme : C’est la première fois qu’on quitte Liège, ça nous tient à coeur. On joue en première partie de Selvans, un groupe italien bien barré, ça va être sympa. On est contents d’ouvrir pour des groupes de cette trempe. On espère que ça ouvrira d’autres portes, c’est difficile de trouver des dates. Avec notre album, notre objectif c’est de faire une release party à la Zone à Liège après et d’avoir quelques dates dans la foulée. A priori, la sortie de l’album, ça nous fera un super CV.
Avez-vous un rêve en temps que groupe ? Tourner dans une salle, avec un groupe…
Jérôme : Moi je souhaite simplement aller le plus loin possible. Pour rêver petit, on aimerait faire un concert tous les 15 jours, c’est le plus concret. Le rêve le plus fou par contre, ce serait de tourner avec Devin Towsend ou Amenra, en Europe ou à l’étranger.
