Le dimanche 26 janvier, nous avions rendez-vous à l’Ancienne Belgique pour le concert de Stick To Your Guns, qui présentait son bijou de nouvel album, Keep Planting Flowers.
Dans le hardcore, si un concert dure une heure, on peut déjà s’estimer heureux. Alors, pour compenser, on multiplie les premières parties, synonymes d’échauffement. No Cure se lanceront les premiers dans la gueule du loup, à savoir un public déjà bien en piste pour une soirée survoltée. Le groupe, né en 2021 et foulant pour la première fois nos terres, assurera le show sans difficulté, proposant une entrée matière déjà bien animée, au son d’un hardcore somme toute très efficace. Elwood Stray suivra la cadence avec des sonorités plus claires et mélodiques que ses prédécesseurs. On pense d’ailleurs assister à la naissance de quelque chose de grand, pour leur premier passage au plat pays. C’est simple, efficace, et ça fonctionne face à des spectateurs déjà conquis.
Le vrai tournant de la soirée émanera toutefois du troisième et dernier support act : Bodysnatcher. Exit le hardcore mélodique aux relents metalcore, place au beatdwon deathcore crade et incisif. La sauce ne prend pas tout de suite, par peur pour certains (difficile de se lancer dans un pit annoncé comme particulièrement violent), mais les hanches et les bras se délieront finalement face aux multiples breakdowns qui caractérisent le genre. Le frontman, Kyle Medina, insistera d’ailleurs longtemps pour que l’ambiance s’embrase et y parviendra au bout de quelques titres. Ouf !
Place au dernier acte ensuite avec la montée des Californiens de Stick To Your Guns. En piste chaque année sur le territoire européen, on est habitués à cette ambiance à la fois électrique et chantante. Leur force, c’est cette combinaison de hardcore bien dur et de refrains catchy, souvent repris en choeur par un public acquis à sa cause. Cette date ne faillira pas à la règle, et proposera même bien plus : avec la sortie de Keep Planting Flowers, plus brutal que ses prédécesseurs, c’est un concert plus que brûlant qui nous est proposé. Ça mosh, ça chante, ça se tape dessus et c’est vraiment tout ce dont on avait besoin. La setlist est parfaite : entre grands classiques (Against Them All, Noboby, Nothing you can do to me...) et nouveautés efficaces (Severed Forever, Spineless, Invisible Rain...), les Américains frappent fort, et vite. Cinquante minutes de show suffiront à nous mettre d’accord : STYG est de retour sur le devant de la scène, et mérite ce regain d’intérêt observé depuis quelques années. Comme l’a justement dit Andrew, le bassiste, en interview avec nous : « Notre réputation, c’est comme un rollercoaster, avec des hauts et parfois des périodes basses« . En ce moment, on atteint peut-être un point d’orgue, qui fait énormément de bien aux oreilles.
