Un peu plus d’un après la disparition soudaine de Taylor Hawkins et quelques mois après celle de la mère de Dave Grohl, les Foo Fighters ont réussi à remonter la pente en sortant, ce 2 juin, leur nouvel album But Here We Are. Chronique !
La question que tout le monde se posait le 26 mars 2022 avec les yeux embués, c’était « est-ce que les Foo Fighters vont se relever de ça ? » Il faut dire que Taylor Hawkins était le batteur du groupe depuis 25 ans, mais aussi un frère aux yeux de Dave Grohl. Après plusieurs mois de deuil, des dates de concert ont commencé à être annoncées. Puis une pochette. Blanche, pure, avec, à peine lisible, un titre : But Here We Are. Tout était déjà dit. Après ça, le premier single : Rescued. Ce serait mentir de dire que nous n’avons pas versé une larme à l’écoute de cette chanson.
Ce nouvel album des Foo Fighters, c’est probablement un des plus beaux hommages musicaux de ces dernières années. Quand Grohl chante « Someone said I’ll never see your face again. Part of me just can’t believe it’s true » (« Quelqu’un m’a dit que je ne reverrais jamais ton visage. Une partie de moi ne peut pas croire que c’est vrai ») sur Under You, on semblerait presque pouvoir toucher à la douleur qu’il a ressentie à la perte de ses proches, encore plus quand il rajoute « Think I’m getting over it, but there’s no getting over it » (« Je crois que je parvient à m’en remettre, mais il n’y a pas de moyen de s’en remettre »). Chaque morceau est finalement une sorte d’étape du deuil (maître mot de ce disque, vous l’aurez deviné). Les mots sont puissants, les compositions absolument parfaites et montrent une fois encore l’étendue du talent de Chris Shiflett, Nate Mendel, Pat Smear et Rami Jaffee plus unis que jamais pour honorer la mémoire de leur ami et de la mère de leur ami.
Bien que Josh Freese ait été introduit comme nouveau batteur de la formation, c’est bien Dave Grohl qui assure les percussions sur cet album. Les Foo’s nous gratifient aussi de The Teacher, chef-d’oeuvre progressif de 10min qui est probablement un de leurs meilleurs titres écrits à ce jour et qui se clôture sur une fabuleuse transition vers le déchirant Rest, ultime titre de ce But Here We Are, un acoustique (ou presque) merveilleux en hommage à Virginia, maman de cet homme incroyable qu’est Dave Grohl.
Ce onzième album des Foo Fighters est probablement l’un des meilleurs de la formation en près de trente ans de carrière. On passe ici par toutes les émotions, surtout les plus fortes. Certains groupes se remettent difficilement (voire jamais) de la perte d’un membre de longue date mais ici, les Américains mettent tout le monde d’accord avec dix morceaux fabuleux. Du grand art.
