Slaughter to Prevail ne se rend pas souvent sur nos terres. Après une tentative échouée à Liège il y a quelques années, c’est à Anvers qu’on les a retrouvés pour clôturer notre mois de janvier.
L’annonce de la venue de Slaughter to Prevail au Kavka Zappa n’a pas mis longtemps a faire son effet. C’est en moins d’une semaine que le concert a finalement affiché sold-out, et présagé une soirée intense et bouillante. Autant vous dire qu’on n’a pas été déçus du voyage…
Premier constat : l’intro techno à rallonge (pas moins de 15 minutes) n’a fait qu’amplifier la volonté du public d’en découdre, dans le pit comme en dehors. Et les premières notes de Bonebreaker n’ont fait que le confirmer. Alex Terrible et son trio masqué ont démarré la soirée sur les chapeaux de roue ; soirée qui ne baissera pas en intensité, étant donné la discographie du groupe ne laissant aucune place à la délicatesse.
Les classiques tels que Bratva, Baba Yaga ou Made in Russia s’enchaînent, couronnés par Viking, nouveau titre parmi les plus attendus sur cette tournée et qui annonce un album dans quelques mois, selon les dires du leader, qui n’a pas lésiné sur les messages de paix entre deux growls des enfers. « J’ai changé, affirme-t-il. J’ai changé en 10 ans, et je me rends compte que si on veut changer le monde, on doit tout faire pour ». Russe et fier de l’être, l’homme insiste également : « Je suis contre la guerre, ça n’a aucun sens ce qui se passe. ça doit cesser ».
Un message qui tranche complètement avec l’image qu’il renvoie et ce depuis des années sur les réseaux (parce qu’en vrai, on vous le dit : Alex Terrible ne fait pas peur du tout ; il a l’air même plutôt sympa, à vrai dire). L’annulation de leur concert à Liège en 2015 pour « accointances supposées avec le régime nazi » paraît complètement absurde aujourd’hui, huit ans plus tard…
Un message qui tranche également avec l’ambiance survoltée dans le pit où la bagarre demeure le maître mot. Et si le groupe ne se refuse rien, pas même l’un ou l’autre sample pour appuyer instrument comme la voix, il n’en est pas moins terrifiant d’efficacité. Le frontman impressionne par la lourdeur de sa voix, tant avec que sans micro. Elle porte loin et c’est les yeux écarquillés que nous avons assisté à cette performance.
Bref, c’est typiquement le concert qu’on attendait ce 30 janvier : du gros son, du gros breakdown bien lourd, pour une petite heure de headbang et de sueur. Rendez-vous au Graspop en juin pour confirmer la tendance.
