Cloud Nothings : un sang d’hier

Un EP et cinq albums au compteur, Baldi n’a pas perdu son inspiration abondante. Une simplicité percutante, des guitares incendiaires, une voix à vif et une batterie fulgurante, Cloud Nothings balance son punk revisité. Chronique !

Le groupe de Cleveland fondé en 2009 par Dylan Baldi sait toujours bien s’entourer. Ils enregistrent ce concept album en huit jours au Studio Sonic Ranch et le produisent chez Carpark Records par Randall Dunn (Sunn O))) ). La patte de Baldi se retrouve dans un style beaucoup plus heavy et noisy que sur ses précédents projets. Il mêle une écriture profonde à un son punk saturé percutant. Le tout est souligné par un chant ravagé et incisif, typique du monsieur.

Comme un voyage urbain et temporel, l’album commence par On An Edge, un Punk survolté et bon enfant dans la pure lignée de The Exploited. Il enchaîne ensuite sur trois morceaux du style des débuts du Punk indépendant des Stooges et envoie du Garage Rock californien brut et vivifiant, rappelant Green Day ou les Smashing Pumpkins.

L’ambiance des banlieues florissantes et prometteuses passe de l’insouciance à un climat beaucoup plus profond et intense avec The Echo of the World. Ce morceau Post-rock, tout en crescendo, va même frôler le doom de par son intensité, à l’image de l’avènement des bas quartiers. Cette ouverture mène à la pièce maîtresse de l’album, d’une durée de plus de 10 minutes, Dissolution. Elle commence par un Rock Punk alternant entre un chant clair et un refrain enragé. Après trois minutes intenses, comme pour signifier la destruction d’un milieu culturel mais pas de ses habitants, Baldi crée un bridge avec son jeu de guitare calme et planant. Il entraîne ensuite l’auditeur dans une réelle introspection, une bulle temporelle. Jayson Gerycz s’immisce avec son jeu de batterie Free Jazz et relance la cadence vers un fuzz hypnotique. Après quatre minutes d’exploration, le refrain mordant revient bouleversé.

So Right So Clean est un morceau Rock poignant aux accords mineurs, laissant un sentiment tragique de réveil dans un monde déphasé. Baldi parle ici des villes reconstruites sans identité qu’il a pu visiter lors de ses tournées. Enfin Another Way Of Life symbolise un nouveau départ, rempli d’espoir, sur de nouvelles bases fortes de cet apprentissage.

Last Building Burning  est définitivement Punk dans sa démarche et se rebelle contre une société basée sur le capitalisme au détriment de sa culture. Cloud Nothings envoie un album lourd de sens et énergisant.

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