Bullet For My Valentine: défi des lois de la « Gravity »

On les pensait perdus en 2013 après l’échec de Temper Temper. On les avait retrouvés en 2015 avec le très Metal Venom. Les voilà une fois de plus de retour en 2018 avec Gravity, un album somme toutes assez « hybride », qui plaira autant qu’il décevra. C’est pourtant un Bullet For My Valentine plus mature, mesuré et moins criard que l’on a redécouvert ce week-end à Cologne.

B4MV

Amateurs de Metal, la soirée avait tout d’un cocktail détonnant et délicieux. Inaugurée par le jeune groupe SH>PES et un chanteur totalement remonté, ses deux béquilles à la main et ses faux airs de Zach de la Rocha dans la voix, elle a pris une toute autre dimension avec le passage de Nothing More, un mélange un peu étrange de Hard Rock-Heavy Metal texan, puis s’est carrément envolée avec l’arrivée d’Of Mice And Men, qui nous a littéralement donné le ton. En avant les ‘walls of death’ et les ‘circle pits’ qui n’en discontinuent pas, on se sent enfin à la maison.

Certains ne s’en cachent pas : s’ils sont là, c’est avant tout pour ce groupe de Metalcore californien, davantage que pour les Gallois qui leur ont succédé. Deux genres, deux publics : la jeunesse finit par prendre le dessus au bout des trois premières parties, et on se rappelle soudainement d’une chose : Bullet for My Valentine, c’est d’abord le groupe de notre adolescence et c’est sans doute un peu pour ça qu’on est là. Ce qu’on attend, c’est un bon vieux Tears Don’t Fall entonné en choeur par 4 000 personnes. Et on l’a eu, évidemment. Mais avant, il nous a fallu re-découvrir Gravity, leur dernier album et ses quelques (très) bonnes chansons. Si certains avaient peur de ne pas s’y retrouver, erreur : les premières notes de Leap of Faith ont suffi à transporter le public. Si nos pieds sont restés cloués sur le sol pendant 1h30, c’est qu’on était au mauvais endroit, ou scotchés au bar avec une bière à la main.

Parce que B4MV a tout à fait compris ce qui ferait la réussite de leur concert. Mettez-y un public survolté, ajoutez-y un mélange calculé de nouveaux titres et entrecoupez-les de grands classiques tels que Your Betrayal, 4 words ou encore Scream aim Fire. Les jeunes Over It, Letting You Go et Piece Of Me feront le reste. Comptez également sur un rappel lancé par le morceau le plus ‘catchy’ et Metal de l’album, Don’t Need you, et laissez vous transporter par ces refrains limpides et personnels, la force-même de Gravity qui semble avoir tout misé sur ses paroles scandées à l’unisson, tant elles sont accessibles et peut-être même un peu trop « faciles » à retenir.

Bref, la recette n’est pas exceptionnelle et doit beaucoup aux spectateurs allemands et à leur fougue légendaire. Mais impossible de le nier, elle fonctionne, en témoigne le concert archi sold-out que vient de connaître Cologne. Si Gravity ne ressemble en rien au The Poison des années 2000, l’album et le concert créés autour nous laissent rêveurs.  B4MV ne se renie pas lui-même. Il évolue, et il essaie sans doute de faire passer la pilule, complètement digérée au moment d’entamer les deux derniers hits, Tears Don’t Fall et Waking the demon. De la poudre aux yeux peut-être, pour ce groupe qui semble avoir trouvé une nouvelle direction qui lui convient enfin, au bout de 15 ans d’errance. On voulait du Metal, on en a eu. On voulait de la nostalgie, on en a eu. On voulait du Bullet For My Valentine et, surprise, on en a eu.

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