Damien Saez : enfant illégitime

A chaque annonce d’un nouvel album de Damien Saez, on est un peu le cul entre deux chaises. Avec lui, c’est souvent quitte ou double et il faut s’attendre à tout. Alors que vaut ce #humanité ? Chronique !

On doit déjà admettre que notre envie d’écouter #humanité était bien mal embarquée après la sortie du titre P’tite pute il y a quelques jours maintenant. Dans cette chanson, Saez dénonce (pléonasmique à souhait) les influenceuses qui se font du pognon sur Instagram, indifférentes à la misère qui règne dans les rues de France. Si le sujet peut sembler intéressant à traiter, l’interprétation proposée pose problème autant que sa légitimité. A 41 ans, le chanteur se fait vieux réac’ de 60 ans avec un sujet de millenials. Vulgaire à souhait, le message ne prend pas et on préfère passer la piste sous silence.

Mais alors, ça donne quoi le reste de l’album ? On vous le dit tout de suite, il y a à boire et à manger. Les quatre premiers morceaux sont fous, à commencer par Humanité qui ouvre le disque. Morceau de 7 minutes 27, il fait partie de ceux qui vont si bien au chanteur, qui attaquent de front la politique et la société qui l’entourent. Une sorte de J’accuse 2.0 (le morceau, pas le Zola). Suivent ensuite Les guerres des mondes et La mort, deux titres forts de sens également bref, l’album commence bien, la peur s’envole au fil des secondes.

Seulement voilà, les pistes suivantes marquent une baisse de régime. Toujours aussi virulent, Saez s’attaque de nouveaux aux réseaux sociaux, véritable fil rouge de cet album finalement. Il peste contre ces réseaux comme il l’a finalement déjà fait plusieurs fois mais le message perd en crédibilité au fil des années. En effet, même s’il dresse un portrait assez fidèle de la merde qui peut nous entourer en 2018 (misère, attentats, religions…), il faut admettre que l’entendre dénoncer les dérives de l’online, ça provoque une certaine forme de malaise, la légitimité n’est plus là. Heureusement, Saez peut toujours faire du Saez et être le roi e la provoc’, comme il le fait très bien dans Burqa et Ma religieuse qui clôturent d’une belle manière cet album.

#humanité est en tout cas un album typiquement Damien Saez. On sent qu’il s’est lâché avec des morceaux très rock comme il a toujours su faire mais qu’il a trop souvent délaissés pour une mélancolie acoustique. Le chanteur français a encore et toujours ce côté réac’ qui lui colle à la peau mais force est de constater qu’il a encore des choses à dire et artistiquement parlant, pourquoi se taire quand les mots sont toujours là ?

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