Devin Townsend : la thérapie d’un génie

Après sa tournée Transcendence, Devin Townsend avait annoncé un projet solo symphonique. En plus d’une tournée grandiose avec l’orchestre Lords Of The Sound, le maître du prog profite d’avoir tout ce beau monde sous la main pour écrire un album dense à tous les niveaux. Chronique!

Il aura fallu dix-huit mois de travail pour sortir ce concept album dans lequel Devin offre une plongée directement dans son cerveau fou. On y trouve ses inspirations habituelles et il en profite pour aller encore plus loin dans ses explorations musicales. En plus de l’orchestre, une liste d’artistes impressionnante  par sa qualité vient compléter le tableau. Il a réinvité, entre autres, le « guitar hero » Steve Vai et Anneke Van Giersbergen, la chanteuse à la voix cristalline. Les chœurs sont chantés par l’Elektra Women’s Choir et trois batteurs se succèdent dont Sam Paulicelli, le pro du blastbeat.

Dans cet album, on retrouve la spécialité de Devin : les murs sonores. Ils sont tellement plus massifs, qu’il qualifie d’ailleurs certains passages d’éléphantesques, d’où l’animal récurent dans les vidéos de l’opus. La voix du ténor est toujours parfaite, il alterne entre growl, chant clair ou lyrique et laisse toujours passer beaucoup d’émotions. Le thème de cet album est d’ailleurs une psychanalyse sur la carrière et la vie de l’auteur avec, pour questionnement, le sens de la vie.

L’album commence par Castaway, une intro douce qui plante un décor de plages divines, grâce aux chants de la chorale canadienne. Le titre enchaîne parfaitement avec le monstrueux Genesis. Plus de sept minutes de montagnes russes avec, dans le clip, entre autres, des cerveaux dans l’espace, des dinosaures, des baleines, un spationaute, des bretzel, Space Invader, plusieurs poulpes, des chats, les fameux éléphants, des squelettes dansants, des statues religieuses, une vache qui fait plusieurs apparitions, une boule disco et surtout un florilège de chœurs. Devin se la joue solo et ça se sent, il n’y a plus de limites à son imagination ou à son humour.

Arrive Spirits Will Collide, le morceau le plus accessible de l’album. Il conserve quand même le style du chanteur avec beaucoup moins de prog et plus de bons sentiments. Il aborde ici la dépression et veut la combattre avec un message d’espoir et de fraternité, comme dans son dernier album Transcendance. Evermore et Sprite restent dans la même veine en s’inspirant toujours d’albums plus anciens de l’artiste. Ils laissent la place à Hear Me, le titre le plus brutal de l’album. Les progueux, les plus furieux, sont servis avec un retour du son de Strapping Young Lad. Ce déferlement de violence ultra puissant est contrebalancé par le chant délicat d’Anneke. Sam Paulicelli, alias 66Samus sur Youtube, a fait une vidéo avec drum cam de sa vitesse de jeu particulièrement impressionnante et maîtrisée.

Pour suivre à tant de violence, pourquoi pas une BO inspirée d’Autant en emporte le vent Why? arrive et on espère le clip de Devin courant dans les champs de fleurs et jouant des castagnettes. Car oui, il y en a, il n’a rien épargné. Borderlands est un prog  joyeux, puissant et burlesque qui part dans tous les sens et Requiem semble conclure sur la BO de fin d’un film fantastique avec l’orchestre Lords Of The Sound accompagné uniquement de l’Elektra Women’s Choir.

On pourrait croire l’album terminé avec une durée respectable de 50min. Que nenni, Devin n’est pas comme ça, il lui en faut plus à Devin, Il n’est jamais rassasié Devin! Singularity arrive et porte bien son nom, plus de 23min de folie parfois calme et planante, ou bien inquiétante, voire violente et survoltée. On assiste au retour du blastbeat inhumain sur un arrangement symphonique parfait. La batterie part ensuite en duo jazz prog avec une guitare chirurgicale à la Animals as Leaders. Enfin, tous les protagonistes se rejoignent pour les quatre dernières minutes, dans un feu d’artifice de virtuosité et qui mènent à une fin dantesque.

Pour conclure, Devin répond à la question du sens de la vie au dos de l’album avec ces mots simples: Love and be loved.

devin_press

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