Lumière sur les festivals de l’été

Cet été, Musically Yours a promené sa plume sur de nombreux festivals. Graspop Metal Meeting, Rock Werchter, Gent Jazz Festival, Dour, Francofolies de Spa, BlueBird Festival, Esperanzah, Sziget Festival, Pukkelpop, Solidarités ou encore Cabaret Vert, tous ont vu défiler nos rédacteurs l’espace d’un ou plusieurs jours. Il est à présent temps de vous dresser un bilan de ces multiples expériences.

En Belgique, l’offre festivalière est loin d’être faible car il est possible de vivre une nouvelle aventure musicale chaque semaine. On passe ainsi de Muse à Pale Grey ou de twenty-one pilots à Trois Cafés Gourmands. Il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs, à l’image de notre beau pays. Toutefois, certains aspects se retrouvent dans chaque festival.

On est plus chauds, plus chauds, plus chauds que le climat !

Alors que les manifestations pour le climat ont longuement fait rage dans les rues du monde entier, portées par la jeunesse, on se demandait si les festivals musicaux allaient réagir face à ces revendications climatiques. Aux Francofolies, Solidarités, au Sziget et à Esperanzah, place au vert ! Fontaines à eau et gobelets réutilisables étaient au rendez-vous de ces événements éco-responsables là où les grosses machines comme Werchter, le Graspop ou le Pukkelpop conservent leurs bons vieux gobelets classiques et dont les cadavres jonchent la plaine. Même si ces gros festivals offrent des tickets boissons en échange d’un ramassage de gobelets, imaginez l’état du site après que des milliers de spectateurs aient piétiné ces déchets… Rock Werchter s’offre même le luxe de véritables toilettes en porcelaine. Les plus « petits » festivals sont passés au système cashless (paiement via puce ou carte de recharge) mettant ainsi de côté le paiement en espèces, ce qui évite le retrait à la banque et, par conséquent, l’impression en surplus de billets. On peut ainsi dire que ce ne sont pas les plus fortunés qui font les plus grands gestes pour la planète. Il y a des enseignements à tirer à l’heure où la planète meurt à petit feu, surtout si on veut montrer l’exemple à un public qui se fait de plus en plus jeune sur ce type d’événement.

On prend les mêmes et on recommence…

Si on observe sur un plan plus large, on constate que sur l’offre festivalière européenne, les têtes d’affiche sont souvent les mêmes ; Slipknot, Muse, Florence + The Machine, Prophets of Rage, twenty-one pilots… sont autant d’artistes qu’on pouvait croiser plusieurs fois sur l’ensemble du continent. Par chance, la Belgique a su, cette année, se diversifier. C’est au niveau francophone que l’on trouve les tenants du titre sur le plat pays avec Ykons (Francos, Ronquières, Baudet’stival,…) Mustii (Francos, Solidarités, Ronquières), Clara Luciani (même chose), Angèle (Francos et Solidarités), Feu ! Chatterton (Francos et Espéranzah) ou encore Zazie (Francos et Ronquières). Ils font tous partie de ce groupe de chanteurs/groupes qu’il était facile de croiser durant ces vacances. La faute à une programmation complexe ? A des obligations de tournée ? Heureusement, il est toujours possible de faire de très belles découvertes, même parmi ces artistes récurrents.

Et si en plus, il n’y a personne…

Constat plutôt récurrent également cet été : le manque d’affluence. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont les gros poissons qui en souffrent le plus. Alors dans ce cas, deux raisons peuvent être pointées, individuellement ou non : des artistes trop récurrents (Muse n’en était clairement pas à son coup d’essai à Werchter) ? Des prix beaucoup trop élevés (près de 300 euros pour le combi Werchter) ? D’années en années, les affiches se ressemblent (Editors a, par exemple, joué près de 10 fois à Werchter) et les prix ne cessent d’augmenter, faisant décroître la foule. Les organisateurs ne doivent pas oublier que les festivals accueillent un public relativement jeune et que ces personnes n’ont pas forcément les capacités financières pour vivre l’expérience à fond. Dès lors, les places pour un seul jour semblent mieux se vendre que les combis. Bien sûr, il faut payer les cachets des artistes qui sont, eux aussi, de plus en plus élevés (des rumeurs laissent courir le bruit que Muse tariferait sa performance pour 1 million d’euros). Mais diminuer l’entrée de quelques dizaines de pièces laisserait rentrer plusieurs centaines de personnes prêtes à investir les bars entre deux concerts.

Rock is dead (?)

Derrière ce sous-titre aguicheur, une constatation : le rock n’amène plus la même foule. Si on met de côté le Graspop Metal Meeting et son affiche absolument folle, on remarque que les genres les plus représentés cet été s’orientaient davantage vers la pop et la musique urbaine. L’exemple type, ce sont les Ardentes qui, après avoir proposé une affiche éclectique depuis leurs débuts ont décidé, depuis deux éditions, de présenter un line-up 100 % rap/hip-hop. Rock Werchter, pour sa part, a quelque peu délaissé la première partie de son nom pour programmer, en grande partie, des artistes pop (P!nk, Mumford and Sons, Yungblud, Florence + The Machine…) là où le Pukkelpop a réussi à programmer, sur une même journée, Prophets of Rage, Bullet For My Valentine, Airbourne ou encore A Day To Remember pour ne citer qu’eux. Il semblerait toutefois que les grosse guitares n’amassent plus les foules comme elles ont déjà pu le faire. Certes, il en faut pour tous les goûts et tous ces artistes sont loin d’être de piètre qualité, mais il nous semble légitime de nous demander pourquoi cet engouement semble amoindri de la part des programmateurs. Il suffit de voir la passion qui anime un public rock/métal pour comprendre qu’il est important de programmer des artistes de ce milieu mais il s’agit d’un autre débat nettement plus subjectif. Certains disent cependant que le rock meurt à petit feu, mais ce qui est sûr, c’est que son esprit vivra encore et toujours.

On pourrait débattre pendant des heures sur les différents festivals jonchant le sol belge, sur ce qu’ils apportent aux festivaliers, sur leurs qualités, leurs défauts… Mais une chose est sûre, on ne doit pas rougir de la qualité de l’offre qu’on a dans notre plat pays. Il y en a pour tous les goûts, tous les âges, toutes les oreilles. Cette année était particulièrement chargée pour notre équipe mais on en ressort heureux, les tympans décédés par le lot de décibels engloutis et on sait déjà que nous reprendrons la route des plaines l’été prochain !

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