Interview : TERRIER

C’est avec l’EP Naissance que TERRIER, ce poète aux mélodies folles de 27 ans, débarque avec un projet intimiste, touchant et surtout efficace. Entre des basses et des productions plutôt rap ainsi que des guitares à la sauce indie-rock, le mélange détonne. Plongeons dans le terrier.

Sept morceaux, c’est tout ce qu’il nous faudra pour découvrir cet univers fou que nous propose TERRIER. Dans la grande vague de la nouvelle scène française, qui mélange les styles et casse les frontières, on y retrouve tous les ingrédients pour une réussite. En commençant par le morceau A nos jours, enchaîné par le single Bandit, il n’y aura définitivement aucune pause durant tout le projet. Entre le spleen et les petites histoires de la vie, on retrouve mille et une histoires d’une nuit, et chaque chanson reflète ces moments de vie, ceux qu’on pense avoir oubliés, mais que TERRIER illustre avec brio. Une production soignée, une voix sombre, le tout entouré de synthés en roue libre, on ne pourra qu’être touché par ce projet si intimiste, mais qui ne manquera pas de toucher son public. À la fin du projet, on se remet du voyage et on hésite même à se le refaire, 25 minutes, c’est si peu, c’est si bon. Comme un Thérapie Taxi plus réel, l’artiste nous invite dans ses moments, dans des histoires touchantes avec une bonne dose de sincérité comme on en fait plus. Difficile de trouver des défauts à ce projet tant il est surprenant et honnête, une très très belle réussite pour le jeune Français qui ne manquera pas de rester dans nos playlists et surtout dans nos têtes.

Nous nous sommes permis de lui poser quelques questions pour pouvoir mieux appréhender ce projet !

Bonjour TERRIER, tu as sorti plusieurs singles avant cet EP Naissance, comment s’est déroulé la génèse de ce projet?

À la base j’écrivais vraiment titre par titre jusqu’à me retrouver avec une petite dizaine de morceaux. De là, j’ai eu l’envie de sortir ces morceaux accompagnés d’un clip pour chaque son au coup par coup. J’avais comme objectif un album, avec une quinzaine de morceaux mais au vu de tous les morceaux que j’avais sur mon PC, je me suis dit qu’un EP était peut être la meilleure première étape pour introduire mon projet ainsi que les différents aspects que j’avais envie d’aborder.

On ressent énormément d’influences diverses dans ce projet, d’où t’est venu ce patchwork musical ?

Je pense que c’est venu assez naturellement dans le sens où j’écoute beaucoup de musique depuis tout petit, notamment du rock. Depuis que je fais de la musique, j’écoute également du classique, de l’électro progressive, de tout et n’importe quoi. Ça me sert donc pour mon projet car j’arrive en studio avec une page blanche, libre de tout et pour vraiment faire ce que j’ai envie de faire, les influences viennent donc s’entrechoquer. Il n’y a pas vraiment d’artiste en particulier qui m’inspire, c’est un tout et chaque titre du projet a été écrit à différents moments, les ambiances et les influences sont donc parfois très différentes. J’aime ces différences entre les morceaux, je trouve que ça apporte un éventail d’ambiances au projet.

On t’associe souvent avec l’énergie punk, est-ce que tu t’y retrouves ?

Le côté punk n’a évidemment rien à voir avec la musique que je fais, c’est plus l’état d’esprit DIY, de partir de cette base, de faire tout soi-même, envoyer les vinyles soi-même… Je n’ai pas cette envie d’avoir une image absolument propre non plus et trop pop. J’aime ce côté dégueu, et le côté punk du projet se ressent peut-être dans la nonchalance des morceaux.

Ton clip Bandit est sorti, il reprend des codes assez rock, comment s’est déroulée sa création ?

J’ai travaillé avec un graphiste que je connais depuis le début du projet (Valerian7000) , il me connait très bien donc le tout s’est fait simplement. On a essayé avec ce clip de travailler la dualité et les contrastes avec le chat, le félin, les deux tenues que je porte par exemple. Y’a le côté texture aussi avec les collages qui est venu quand on créait le clip, on a fait quelques essais, j’ai pris ma guitare et c’était bon.

Oui, on te voit justement avec une belle guitare, est ce qu’elle t’accompagnera aussi sur scène ?

Oui, bien sûr, je suis tout le temps avec ma guitare, accompagné d’un batteur ainsi que des séquences, on travaille les arrangements du live pour avoir un côté bourrin et dynamique, c’est ce que j’aime. Ça va être difficile pour le public de voir ça assis (rires).

Les concerts ont l’air d’être importants pour toi.

Évidemment, j’ai créé le projet pour ça, j’avais envie de composer un set de concert pour jouer dans des cafés, le tout s’est professionnalisé mais ca n’était pas prévu, là c’est du bonus et beaucoup de kiff.

D’un café à la Maroquinerie à Paris le 8 décembre, il y a une grosse différence

C’est ma salle préférée, c’est sûr. Quand j’ai commencé à avoir un tourneur, c’était mon objectif, le tout a été pris au sérieux et maintenant, on en est là. Ma plus grosse crainte est de ne pas la remplir car, je n’ai pas encore beaucoup de public dû au COVID, etc… J’espère pouvoir croiser des gens d’ici-là, le concert est en pleine préparation, je voudrais faire quelque chose de spectaculaire et les exigences que je me place sont hautes, je respecte énormément cette salle en tant que spectateur. Pour le reste, j’ai une trentaine de dates de prévues, c’est ma première tournée dans de bonnes conditions avec du public et des grosses scènes donc je suis ultra excité.

Quel retour pourrait te faire le public après un concert, une parole qui te toucherait ?

Si quelqu’un me dit, c’est inclassable et c’est très personnel, je serais très heureux, je pense que c’est le plus beau compliment.

Que peut-on espérer pour la suite de TERRIER après les concerts ?

L’album est déjà prêt en démo, il y a des chansons qui ont sans doute vieilli, car elles ne sont peut-être plus si fraîches, mais je repars cet été pour m’isoler et composer quelques chansons, sans pression, pour pouvoir avoir le choix.

Rebondir sur cet EP avec un album, comment tu le sens?

La production audio de l’EP a été très compliquée, car j’étais rarement satisfait des résultats qu’on me proposait, j’ai donc décidé de tout faire seul. Je suis très content d’avoir eu cette expérience mais c’était très compliqué, je suis en train d’ailleurs d’essayer de monter une équipe pour faire cet album, tout en suivant mes envies, que ce soit un projet humain, partagé avec d’autres musiciens, que ce soient des arrangeurs ou des musiciens de concert.

Pour l’écriture des textes, est-ce que le tout vient naturellement ? Est-ce que t’isoles ?

Ça vient souvent avec des gimmicks de texte, parfois je pose les textes sur mes compositions. Je dois avoir besoin d’écrire pour le faire, comme la faim. J’écris très peu, mais quand ça vient, c’est fluide et rapide. Je compose beaucoup plus que ce que j’écris. J’ai tout appris en autodidacte, pas de solfège, je ne suis pas un bon musicien, mais ça me suffit pour composer ma musique et pour pouvoir faire mes démos, ainsi qu’à communiquer avec mon batteur, par exemple.

Un mot de la fin ?

Non, désolé, je suis très mauvais pour ça. Ce sera R. (rires)

Merci, à TERRIER pour ce beau moment, nous vous conseillons vivement d’aller jeter une oreille, et plus si affinités à son projet Naissance qui est disponible partout, ce voyage rempli d’émotions n’attend que vous !

Pas encore de dates prévues en Belgique, croisons les doigts !

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