Cédric Gervy: le développement d’une plume

La scène belge comme on le sait offre un éclectisme grandissant avec de la pop d’un côté, de la folk celtique de l’autre tout en passant par du rock pur et dur mais lorsque l’on regarde un peu plus loin, on trouve des artistes tout aussi talentueux mais dont on parle malheureusement moins. Parmi ces chanteurs, on retrouve Cédric Gervy avec son nouvel album « J’aimerais trop ». Oui oui, celui-là même qui a fait le buzz avec sa reprise de « Formidable » de Stromae… Chronique !

Ce prof de langues complètement décalé offre une fois encore une bonne poignée de compositions hilarantes mais qui prêtent toutefois à réfléchir puisque nombreux sont les sens cachés. En effet, Cédric Gervy joue d’une main de maître avec les mots mais sait utiliser les maux de notre société pour poser ces mots (gare aux maux de tête pendant que lui chante ses mots de tête). Les chansons du jeune quarantenaire, période de sa vie qu’il évoque dans « En quarantaine » rendant nostalgiques les plus sensibles d’entre nous sur pas mal de points, ont tendance à faire réfléchir l’auditeur sur la société qui l’entoure. « Marylin light » est une ode aux multiples régimes qui peuvent exister à l’heure actuelle alors qu’à l’opposée, «Slimfast food » évoque les fastfoods qui sont aussi omniprésents. Il n’hésite bien sûr pas à tacler ce qui ne lui plaît pas en le criant haut et fort comme il le fait sur « Le développement du rap » où il dit avec poésie « le rap c’est comme le cul, y a qu’au refrain qu’il s’passe quelque chose » ou encore dans « J’aimerais trop » où l’on retrouve dans le refrain « j’veux pas m’réincarner en mouche, avec toute la merde qu’on touche, on serait pas trop dépaysés, y en a assez à la télé ».

Plusieurs hommages sont également présents sur cet album avec « Eh Renaud », « Michael Jackson est mort », « […] », titre instrumental dédié à son ami Jean-François « Watch » De Schutter (leader du groupe Kupid Kids décédé tragiquement il y a un peu plus d’un an ou encore « 30 ans sans Brassens ». Autre sorte d’hommage, « 15h40 » où il évoque non sans une certaine tendresse son métier de professeur.

Du bout de sa plume, Cédric Gervy nous offre donc 16 nouvelles chansons parfaitement ficelée et même si les arrangements sont basés sur quelques accords de guitare faciles et que le chant est parfois faux, l’artiste surpasse de loin certains des interprètes francophones actuels qui ont hélas droit à un certain succès. Les mots sont sortis de manière naturelle pour nous faire voir le monde de manière cynique mais surtout de la manière la plus belge qui soit.

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