Détroit: droit dans la renaissance

10 ans après les faits dont on a que trop parlé et à toutes les sauces, Bertrand Cantat rompt le silence musical après quelques collaborations pour ressortir un nouvel album, « Horizons », accompagné de Pascal Humbert sous la formation Detroit. Chronique !

Peu nombreux sont ceux qui pariaient sur le retour de l’ex-chanteur de Noir Désir il y a quelques mois seulement de cela mais lorsque les médias annoncèrent la sortie de ce nouvel opus, la nouvelle fit l’effet d’une bombe. Cependant, l’heure n’est pas à la polémique mais à la critique et sur cet album, le rockeur crache ses tripes et hurle ses démons. Cette voix gravée dans l’histoire de la musique reste inchangée sur le timbre mais n’a plus ce côté rebelle d’antan, non, une certaine douceur mêlée à pas mal de fatigue a pris le dessus à l’exception de l’excellent morceau « Le creux de ta main » qui redonne vie l’espace de 3min40 à l’esprit de la formation bordelaise. Le côté anglo-saxon n’est bien entendu pas négligé puisque les deux comparses nous gratifient de deux titres en anglais : « Glimmer in your eyes» et « Null and void ».

Ce serait se voiler la face que de penser que les textes ne sont pas écrits en lien direct (ou presque) avec l’affaire de Vilnius. On retrouve ainsi quelques phrases dont Cantat semble se servir pour se repentir de son geste, ou tout simplement pour l’évoquer. Parmi celles-ci, on retrouve par exemple « … les braises incandescentes sont encore sous la cendre froide… » sur « Ma Muse » ou encore « Qui de ma tête ou de mon cœur va imploser comme une étoile ? Quel débris ou quel morceau de moi d’abord te rejoindra, te rejoindra ? » sur « Horizon ». La bonté et/ou la beauté de l’homme se retrouve parfois au travers de ses écrits…

Au niveau des arrangements instrumentaux, le duo fait des petits miracles ; Cantat derrière ses 6 cordes sait trouver la grille d’accords ou d’arpèges qui transportera l’auditeur dans l’univers ou atmosphère nécessaire pendant que Humbert, derrière ses 4 cordes, soutient une rythmique impressionnante. Il n’y a pas à dire, ces deux-là se sont bien trouvés, et même retrouvés.

Cet album, c’est donc le fruit d’un travail difficile, de doutes et de malheur. Ces éléments, une fois rassemblés, offrent au public une recette époustouflante, un bonheur pour les uns puisé dans les souffrances de l’autre. Certains ont décidé de tourner le dos à Bertrand Cantat mais comprendront rapidement que Detroit offre au chanteur/compositeur une renaissance impressionnante. Alors si l’on pouvait, le temps d’une dizaine de chansons, se concentrer sur l’art et non sur la vie privée, des œillères tomberaient pour ouvrir des oreilles trop facilement bouchées…

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