Francofolies de Spa: l’onde formidable!

Parmi les festivals incontournables en Belgique, il faut sans hésitation citer les Francofolies de Spa ! Avec La Rochelle et Montréal, la ville thermal boucle ainsi le trio francofou. Cette édition 2014 souffle en beauté ses 21 printemps. Ou étés, on ne sait pas réellement. Pour fêter ce bel anniversaire, l’organisation n’a pas hésité à mettre les petits plats dans les grands en offrant, dès le mercredi, un concert de LA star du moment : Stromae sur la scène Pierre Rapsat. Le chanteur, représentatif de la belgitude à lui tout seul, ouvrait ainsi les festivités de manière phénoménale avec, en première partie, Gabriel Rios.

Le lendemain, le Village Francofou ouvre ses portes avec, en guise d’inauguration, des régionaux : les Liégeois de The Feather. Venus avec leur folk envoûtante, le side project deDan San, Pale Grey ou encore Yew a la lourde tâche d’ouvrir le bal sous un soleil de plomb mais le public répond rapidement à l’appel de la musique. La chaleur étant plus forte encore, c’est sous l’ombre des arbres que nous assistons au concert de Vegas sur la même scène Ice Watch. Avec encore ce concentré rock puissant, le groupe se donne à fond mais le public a du mal à réagir aux appels des gaillards qui auraient sans doute eu meilleur effet à un horaire plus tardif. Pas le temps de se reposer, on sort du village pour se rendre au concert deBagdad Rodéo au Grand Maur dans le cadre des Vitrines Francos. Sur cette petite terrasse isolée, on assiste pourtant à une prestation réussie du groupe français ! Un rock pêchu et des textes hilarants à la limite du punk avec toutefois un côté décalé pouvant faire penser à un certain Philippe Katerine. Retour ensuite sur la scène Proximus du village pour le concert des Casseurs Flowters, duo formé par les deux rappeurs français Orelsan et Gringe ! Amateurs de bon goût, passez votre chemin ! Textes crus, basses trop fortes, elle est loin la musicalité mais pour se taper une bonne barre, c’était the place to be mais avant la fin, on file vers la scène Ice Watch pour le concert de Gaëtan Roussel ! Le frontman de Louise Attaque est là pour défendre son deuxième album solo « Orpailleur » et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chanteur français sait faire le show ! Après avoir pris l’air quelques instants en dehors du village, retour sur la scène Proximus pour le concert du très attendu Renan Luce. Nouveau symbole de la chanson française, le jeune chanteur (et beau-fils de Renaud dont il reprendra « Où c’est que j’ai mis mon flingue ? ») a su combler l’audience en n’omettant pas de reprendre ses morceaux les plus populaires comme « Repenti » ou encore l’inévitable « La lettre ». La soirée se clôture par le concert du groupe My little cheap dictaphone qui a assuré autant sur le point visuel que sur le point performance.

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Le vendredi, le soleil tape encore plus fort mais n’entrave pas la motivation des festivaliers ! Il est donc 14h lorsque Soan foule la scène Proximus pour présenter son dernier album « Sens interdits ». Celui qui, en 2009, remportait la Nouvelle Star mais qui en a rapidement lâché l’étiquette avec son côté marginal a offert au public un rapide tour de son album mais aussi de titres plus anciens comme « A tire d’aile » ou « Putain de ballerine ». 45 minutes et 4 bières plus tard, le jeune chanteur quitte la scène sous de chaleureux applaudissements. Direction le Radisson Hôtel ensuite pour les conférences de presse de Grand Corps Malade et Hooverphonic, tous deux se produisant le soir-même à Spa, le premier sur la scène Ice Watch, les seconds sur la Scène Pierre Rapsat ! De retour au village, on assiste aux derniers moments du concert de Saint-André qui semble avoir ravi l’assemblée. A 20h, c’est donc le slameur Grand Corps Malade qui s’avance sur cette même scène devant une foule très nombreuse ! Il a le sourire malicieux et le groupe a l’air en forme. Malgré un son quelque peu difficile, la qualité est toujours là puisque Fabien de son prénom, prouve encore une fois que la plume lui colle à la peau tel un oiseau de nuit. C’est touchant, drôle, sérieux bref, c’est bien foutu ! Mais pas le temps de rester puisqu’à 20h45, c’est Hooverphonic qui monte sur la scène Pierre Rapsat ! Le trio néerlandais est de retour pour présenter l’excellent « Reflection ». Malgré la demi-heure de retard, le groupe finit par monter sur scène en entamant « Boomerang » issu de ce même album. Pendant plus d’une heure et demie, ils vont reprendre leurs plus grands succès emmenés par la belle Noémie Wolfs. Avec classe tout en gardant un côté (très) sexy, la jeune chanteuse n’a rien à envier aux anciennes chanteuses au niveau vocal. Alex, bassiste du groupe, n’hésite pas à dire au public qu’ils préfèrent jouer en Wallonie car le public est nettement moins mou qu’en Flandre. Qui parle de nationalisme ?? Mais alors que nous ne voyons pas le temps passer, c’est après un superbe moment sur « Amalfi » que le groupe prend congé pour céder sa place à la bête de scène qu’est Mathieu Chedid aka M ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Français est à la hauteur de sa réputation. Dès son entrée en scène, il n’hésite pas à se lancer dans un solo de guitare complètement dingue ! Qu’il entonne des nouveaux tubes comme « Mojo » ou des plus anciens comme « Onde sensuelle », le public répond plus que présent à l’appel de la machine qu’est ce chanteur. Certains se diront déçus de par le raccourcissement de certaines chansons mais les spectateurs qui voyaient l’artiste pour la première fois en sont pour la plupart bluffés.

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Samedi, le programme est léger et même très léger ! Patrick Bruel joue sur la scène Pierre Rapsat tout comme Noa Moon, Yelle se défoule le soir mais un seul artiste retient mon attention : Antoine Chance ! Venu présenter son premier album « Fou », l’ex Coco Royal a su trouver sa place sur la scène Ice Watch à une heure particulièrement difficile avec un soleil omniprésent et un peu trop généreux avec la chaleur. La quasi entièreté de l’album est jouée par le chanteur et ses musiciens avec, bien entendu, le tube « Fou » qui ravit le public bien présent aux pieds de la petite scène ! Pour terminer le concert, Antoine n’hésitera pas à passer à la batterie laissant ses musiciens s’emparer de la guitare et de la basse. Une courte journée mais très agréable !

Dimanche, à l’inverse de la veille, est chargé ! Dès 14h, Cheeky Jack investit la scène Proximus. Pour la première fois depuis le début du festival, un groupe montre une réelle motivation à se produire ! Thomas, chanteur du groupe, a un sourire gigantesque collé à son visage du début à la fin du set. Pour ce qui est de la musique, les compères livrent un rock indie dynamique parfois proche du ska qui aura vite fait de chasser la pluie présente pendant cinq petites minutes et partie juste à temps pour ramener le soleil pendant le concert des Liégeois de Pale Grey. Avec leur pop/rock coloré, les quatre membres du groupe ont réussi à mettre une chouette ambiance sur la petite plaine spadoise avant de faire place à Piano Clubou plutôt à La fête à Piano Club après avoir assisté au concert décalé de Fastlane Candiesau Centre des Jeunes dans le cadre des Francoff! Pour cette dernière date de leur tournée, le quatuor liégeois (encore une fois) a mis les petits plats dans les grands avec, en guise d’invités, une mini-chorale avec, entre autre, Sandra de Fastlance Candies, Gilles de Pale Grey, les choristes de Gaëtan Streel bassiste du groupe et dont c’était le dernier concert avec Piano Club ou encore Jérôme de Yew ! Piscine de confettis et ballons géants étaient également de la partie pour rendre ce concert complètement dingue, sans faute, avec un final délirant sur le titre « Ghostbusters ». Pas de doute, un petit tour pour reprendre ses esprits ne fait pas de mal du tout surtout lorsqu’on sait que la suivante sur scène est l’OVNI par excellence puisqu’il s’agit de GiedRé ! Avec son physique à en faire craquer plus d’un, c’est lorsqu’elle entonne ses chansons qu’elle en ferait fuir rapidement mais par contre, qu’est-ce qu’on s’éclate en l’écoutant chanter « Pisser debout » ou encore « La bande à Jackie » ! Amis de la poésie et du bon goût, allez voir ailleurs si Suarez y est ! En effet, sur la scène Proximus, le groupe de Marc Pinilla se prépare à monter sur scène. C’est dans la pelouse que se passera ce moment avant de braver la foule afin d’obtenir une place assez correcte pour le concert très attendu des cinq membres du groupe Fauve ! Avec leur spoken word, le collectif offre à la foule un concert, en plus d’être complet, plein de rage mais aussi d’émotion ! Visuellement, c’est une machine de guerre ! Des écrans en fond mais aussi sur les côtés offrent une atmosphère unique à la représentation mais les textes incroyablement déployés offrent une rage plus forte en live qu’en studio où vos poils se dressent et les larmes montent. Entre chaque morceau, la communication est parfaite, le chanteur allant jusqu’à souhaiter une bonne fête nationale à notre plat pays à 00h05 pour notre plus grand plaisir. Fauve, c’est la vitesse, l’urgence, la rage, l’envie de changer les maux par les mots aussi bien dans leurs albums que sur les planches. Ce concert est définitivement une grande claque dans la figure.

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Lundi, jour de fête nationale mais aussi de drache nationale puisque la pluie a décidé de faire sa grande entrée en scène comme tête d’affiche de la journée. Garcia Goodbye, médaille de bronze du concours Francoff ouvre la scène Ice Watch et est même victime d’une coupure de courant mais elle ne les arrête pas pour autant puisqu’ils comblent l’interruption par un set acoustique ! C’est ensuite Old jazzy beat mastazz, médaille d’argent, qui monte sur la scène Proximus mais pendant ce temps, c’est la conférence de presse des Cats on Trees qui a lieu. De retour au village, j’assiste à la fin du concert plein de force du grand gagnant (et donc premier nom de l’édition 2015) du concours, à savoir Fantome. A 16h, c’est Benjamin Schoos qui foule la scène Proximus ! Véritable OVNI du paysage musical belge, le chanteur offre au public bravant les caprices de la météo des chansons complètement décalées qu’il présente comme étant des films avec des vedettes comme Chuck Norris ou Jean-Claude van Damme n’hésitant pas à descendre dans le public pour « Profession catcheur ». Mais une heure plus tard, le duo de Cats on Trees monte sur scène et le public est bien présent avec ses ponchos colorés ! Nina et Yoan ont offert une heure de concert qui, avec ce côté mélancolique dans leurs chansons, se prêtait assez bien à la météo du jour. La jeune chanteuse fêtait également son anniversaire ce 21 juillet, l’occasion de repartir avec un beau souvenir car en dehors de leur succès « Sirens call », l’assemblée n’a pas hésité à reprendre les refrains en chœur, à taper des mains et à acclamer chaleureusement le duo français.

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C’est sur ce concert et ce temps typiquement belge que se clôturent mes Francofolies 2014 ! Une cuvée réussie par les organisateurs qui ont ainsi permis de fêter dignement les 21 ans de l’événement spadois. Une organisation parfaite encore une fois où tout est mis en place pour faire plaisir aux festivaliers venus très nombreux (170 000 !!) Bravo aux équipes techniques, aux équipes presses, aux artistes, à l’organisation mais aussi au public pour ces cinq jours superbes. Spa, à l’année prochaine sans aucun doute!!

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