Pégase et Grand Blanc électrisent l’Hippodrome de Douai

Ce jeudi, on avait rendez-vous à l’Hippodrome de Douai qui recevait ce soir-là deux jeunes groupes de la scène française : Grand Blanc et Pégase. Deux groupes aux sonorités et à l’ambiance complètement différentes, mais réunis autour d’un même point commun: l’amour du live. Résumé d’une soirée intense et riche en émotions.

C’est donc avec bonheur que l’on pénètre dans la salle Obey du complexe Hippodrome de Douai, une salle assez petite et qui donne un sentiment d’intimité au concert de ce soir. L’endroit se remplit vite et le public est assez dvarié. 20h00 pile et les lumières s’éteignent, c’est Pégase qui sort le premier de son box. Le groupe de Raphaël d’Hervez vient nous présenter son excellent second album « Another World », opus qui marque un changement de style assez important pour le groupe, avec l’apparition de la voix féminine d’Ana Benabdelkarim beaucoup plus présente au cœur des compositions. Le projet solo est donc devenu duo et se présente en live dans une formation de quatre musiciens.
On réalise tout de suite que la plupart de l’assemblée est venue pour Grand Blanc, ce qui ne semble pas gêner le groupe qui, tout au long d’un set d’environ une heure, finit par imposer sa patte musicale à un public calme mais enthousiaste. Le groupe nous embarque dès la première chanson de son set ouvert par « Out Of Range » puisqu’on est emporté dans le monde féérique et poétique de Pégase. Ce qu’on remarque tout de suite, et qui fait vraiment plaisir à entendre, c’est que le groupe ne se contente pas de reproduire ses chansons, mais il les transforme, les étire, les malaxe pour la scène souvent à l’aide de longues introductions atmosphériques.  On vit de vrais moments d’émotion, notamment sur des chansons telles « Be Wild » ou « Another World » , et on finit par se dire que le groupe aurait parfaitement pu tenir le haut de l’affiche ce soir vu le niveau affiché.  Pégase est un ravissement pour les oreilles, un son dense et puissant, jamais violent et, surtout, une véritable proposition musicale et scénique. On suivra donc avec plaisir la suite de leur tournée afin de retourner les voir avec plaisir.

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Après une pause d’une trentaine de minutes, c’est à Grand Blanc de débarquer sur scène. C’était notre troisième concert du groupe messin ce soir et on note une évolution assez évidente car ils ont pris la mesure de leur succès et se déchaînent désormais sur scène. C’est sûrement l’un des meilleurs concerts de l’année auquel votre rédacteur a eu droit ce soir. Le groupe frappe fort d’entrée de jeu avec deux chansons de son premier EP, « Degré Zéro » et « L’homme Serpent ». Une ambiance moite et pesante s’installe sur nous, on sent qu’on est face à un moment assez unique, le public autour de nous le ressent aussi et applaudit généreusement à chaque chanson. Le quatuor, signé chez l’excellent label Entreprise, est en pleine tournée pour son premier album « Mémoires Vives », et c’est avec l’excellent « Disque Sombre » que le concert se poursuit. On sent le groupe comme possédé et Camille et Benoit, les chanteurs, ne ménagent pas leurs efforts et enchaînent les chansons du premier album avec une intensité et une violence que l’on n’aurait pas espéré à ce niveau-ci. Le groupe donne tout, comme si chaque soir était un combat contre soi-même et contre le public, l’envie de conquérir, de convaincre, de faire vibrer se fait ressentir et on est totalement sous le charme de ce groupe qui démontre, concert après concert, qu’il est probablement l’un des meilleurs sur scène actuellement. La formation nous offre aussi, ironiquement peut-être, leur excellente reprise d' »Au Revoir Chevaux » (je rappelle que la salle s’appelle l’Hippodrome…), ainsi qu’une première en live , celle des « Abonnés absents » juste après laquelle Camille nous annonce pour la fin du concert « la trilogie de l’enfer », avec une transition de toute beauté : « Désert Désir », « Bosphore » et « Samedi La Nuit ».

Le groupe se défonce sur ses chansons les plus dansantes et électroniques et invite le public, définitivement conquis, à monter sur scène pour le dernier titre. C’est d’ailleurs durant celui-ci que Camille, en transe, se prend un coup de basse dans la tête et quitte précipitamment la scène. Le public réclame à corps et à cri un rappel, et c’est Benoit qui revient seul sur scène, nous expliquant que Camille ne se sent vraiment pas bien, et qui décide malgré tout d’interpréter, seul, « Montparnasse », l’une des chansons les plus émouvantes et intenses du groupe. On assiste alors à un moment de grâce, suspendu, où les poils finissent par s’hérisser complètement. L’émotion est aussi forte du côté du chanteur, définitivement à nu avec cette chanson, et on a définitivement l’impression d’assister à quelque chose d’unique.
Les lumières se rallument et on sort du concert vidé mais ravi avec la sensation de redécouvrir deux groupes que l’on adore, et qui prennent le live et leur public au sérieux, et c’est tout à leur honneur. Nous, on en redemande encore et on est certains de les revoir bientôt sur scène.

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