Saez: l’humaniste libre

Artiste discret avec toufefois une voix qui importe, Saez sort un nouvel album et, comme chaque fois, c’est un peu un événement. En l’occurrence, c’est cette fois l’événement de cette fin d’année avec ce 9 décembre la sortie de l‘album « Le Manifeste – L’oiseau liberté & Prélude Acte II » trois ans après le furieux « Miami ». Chronique !

Alors qu’on « fêtait » le 13 novembre dernier le triste anniversaire des attentats de Paris, Damien Saez a décidé de prendre sa plume et de s’exprimer sur le sujet et sur toutes les discussions qui en découlent : le terrorisme, la passivité, la politique… Et c’est là que se joue la partie la plus importante de cet album particulier : dans le texte. Comme ce fut souvent le cas, le chanteur de 39 ans a accordé beaucoup d’importance à ses mots mais ici, ils donnent clairement sens au titre Manifeste de l’album car d’une certaine façon, l’artiste fait comprendre à ses auditeurs qu’il est temps de se bouger dans ce monde hyper connecté qu’il dénonce. Si cette façon de voir peut être pensée comme réac’, c’est sous-estimer Saez ; en effet, tout ce qu’il veut c’est un monde meilleur, une unité, une tolérance, toutes ces choses qui se perdent et il expose toutes ces choses avec talent dans « Mon terroriste ».

Pendant plus d’une heure, c’est une foule de thèmes mais surtout de références que sert le Français : Rimbaud, Voltaire, Pierrot & Colombine, l’anarchie (« le drapeau rouge et noir »), Carné, Brassens (« mourir pour des idées »), Bashung… tous sont cités explicitement ou non et ne sont certainement pas choisis par hasard.

Dans cet album, les compositions ont parfois l’air de se répéter comme « Mon pays je t’écris » et « Les enfants paradis » qui ont exactement la même construction au piano et certains vers similaires, comme si les deux titres se répondaient. On attend parfois que certaines chansons explosent un peu plus comme Saez a déjà pu le faire auparavant mais il faut attendre la dernière piste, « Peuple manifestant » pour qu’il laisse éclater toute sa rage dans un coup de gueule final. C’est par contre dans « Je suis » qu’il se positionne le plus dans ces monde en perpétuel changement avec une construction textuelle simple mais personnelle et pertinente soutenue par une composition rythmée.

Avec ce neuvième album, Saez s’engage dans quelque chose de nouveau tout en gardant son style habituel. Ce Manifeste est une invitation à réagir à ce qui nous entoure, à nous bouger, à nous unir, à faire preuve de tolérance envers les autres mais surtout à ne pas oublier d’où nous venons, toute la culture qui a fait de la France le pays qu’elle est aujourd’hui, ces personnes qu’on a tendance à oublier malgré le rôle capital qu’elles ont joué dans la construction de la société contemporaine et les influences qu’elles peuvent encore exercer encore maintenant, le 9 décembre 2016.

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