Interpol: schizophrènes heureux

Quatre ans presque jour pour jour après la sortie de l’incroyable « El Pintor », le retour d’Interpol est officiel avec la sortie de leur tout nouvel album « Marauder ». Chronique !

Voir revenir le groupe américain, c’est comme marcher sur un fil : on ne sait pas trop ce qu’il va se passer avant d’être arrivé à l’autre bout de ce fil. En ayant lâché « The Rover » en guise d’apéro’ditif, le premier pas au-dessus du vide rassurait et prouvait que Paul Banks et sa bande étaient toujours là, prêts à en découdre avec le monde du rock ; toujours cette guitare léchée aux envolées mélodieuses, cette voix reconnaissable entre mille, ce côté dark furieux…

Venait ensuite « Number 10 », numéro bien ficelé qui propose une intro envoûtante et mystérieuse avant de débouler sur un rythme poussif. Un peu plus éloigné des classiques populaires du groupe, ce titre n’en est pas moins intéressant et continue à nous aider sur notre lancée le long du fil.

Alors la suite vaut-elle cette double sortie ? Eh bien on reste assurément dans cette lignée avec un album oscillant entre lumière et obscurité. Il y a véritablement quelque chose du ressort de « L’étrange cas du Dr Jekyll et Mr Hyde », une suite de chansons qui varient entre retenue puis relâchement le plus complet. L’excellent « Complications » est probablement le morceau qui résume le mieux cette comparaison, surtout lorsque Banks parle de seconde nature (la sienne ?)

On notera toutefois l’incapacité du groupe à sortir de ses sentiers battus. Les albums se suivent et se ressemblent finalement tous chez Interpol. Banks chante toujours de la même façon depuis des années et chaque morceau détient son et pattern somme toute assez semblables. On aimerait une prise de risques de la part des Américains, ce qui leur donnerait un bon coup de fouet et leur permettrait de renouer avec le succès qu’ils méritent amplement.

En fin de compte, « Marauder » reste un album agréable et intéressant dont on ne rechignerait pas la présence dans notre discothèque murale (si vous achetez encore des disques tout du moins). Soyez d’ailleurs rassurés, on arrive finalement au bout du fil, non sans certains frissons. On apprécie encore et toujours de retrouver ces schizophrènes d’Interpol car on sait que le moment sera agréable. Le coup de pied au cul n’est toutefois pas de refus.

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