Aurora: lueur d’espoir avec ANNISOKAY

Initialement prévue en décembre, la sortie d’Aurora, le cinquième album (sixième si l’on compte la version instrumentale de Arms de 2019) du groupe allemand ANNISOKAY est reportée à ce vendredi. Avec un peu d’avance, on vous prévient: c’est engagé, et c’est réussi.

Le teasing d’Aurora par le groupe de métalcore ANNISOKAY aura été plus long que prévu. Mais qu’importe : les Allemands ont réussi à tenir leurs supporters en haleine le temps que l’album soit prêt à l’écoute. L’arrivée de Rudi Schwarzer dans le groupe en tant que screamer avait déjà convaincu en live. Cela s’est confirmé à la sortie de Face the Facts, entraînante et techniquement élaborée. Dans la foulée, Like a Parasite, titre aux sonorités électroniques et sombres, non sans rappeler d’autres productions du même nom ; l’énervé STFU ; la critique cinglante de Bonfire of the Millenials ou encore à la mélancolie quasi-romantique de The Tragedy avaient annoncé la couleur d’un album hétérogène et surtout dans l’air du temps. Un peu trop parfois, lorsque l’on voit quelques fans accueillir The Cocaines Got Your Tongue de manière plutôt frileuse à coup de « c’est du déjà-vu » un peu trop gentillet et éloigné du core habituel. Mais certainement pas pour nous. Une chose est sûre, ça fonctionne, et même très bien.

La suite n’en déroge pas à la règle. S’ils ne réinventent pas le genre et même s’adaptent à ce qui se fait de mieux en ce moment, les Allemands s’en sortent avec les honneurs. Produit et écrit dans son entièreté par Christoph Wieczorek, guitariste et chanteur clair que nous avions d’ailleurs interviewé il y a deux mois, cet album reflète un ANNISOKAY grandi, critique et surtout plus mature qu’à ses débuts. Les thèmes abordés sont on ne peut plus sérieux, entre actualité et réflexions parfois intimes. La batterie de Nico Vaeen est omniprésente et apporte ce côté catchy et « concert-friendly » qu’on attend d’un groupe de cette trempe.

Les styles s’entremêlent malgré un tout cohérent, soutenu par la voix claire de Christoph et ses passages tous plus chantants les uns que les autres, entrecoupés de sons aussi gutturaux que percutants. On retiendra notamment Under Your Tattoo et la dureté du timbre de Rudi, parfaitement contrebalancée par la douceur de son collègue qui susurre « I saw you without your mask, I saw you without your tattoos, and all I could see were the scars » avant qu’il n’explose à son tour de sa voix rauque. The Blame Game suit la cadence et confirme que l’ancien leader de groupes hardcore est capable de faire oublier son prédécesseur, Dave Grünewald sans trop forcer. I Saw What You Did ne vous dira pas le contraire (last summer ou dans un avenir proche d’ailleurs) tant elle peut paraître courte mais d’une grande intensité.

Bref, Aurora n’est peut-être qu’une petite contribution à l’univers florissant du métalcore actuel, mais l’on ne peut s’empêcher d’espérer que cet album offrira à ANNISOKAY la place qu’ils méritent: sur le devant de la scène internationale et pas seulement locale. Avec, qui sait, peut-être un passage en Belgique ou en France, pour commencer ?

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