David Bowie: strange and awesome days

C’est l’événement musical de ce début 2016 : annoncé il y a quelques mois, voici que sort « Blackstar », 26ème album (pardonnez du peu) de David Bowie. Chronique !

Celui qui fut autrefois Ziggy Stardust a donc choisi le jour de ses 69 ans pour publier ce qui est, sans doute, l’album le plus attendu de ce mois de janvier et il annonce la couleur dès l’ouverture sur le très étrange voire mystique mais néanmoins magistral « Blackstar ». Très expérimental, Bowie crée quelque chose de particulièrement underground, presqu’en rupture par rapport à son travail mais qui sonne malgré cela, dans l’ensemble de l’album, comme un clin d’œil à sa carrière mais ça, c’est pour après.

Vocalement, le chanteur a pris de la bouteille et ça, personne ne peut le nier. Toutefois, il possède toujours ce grain de voix facilement reconnaissable avec ce côté grave, plaintif à la limite du triste mais qui cache quelque chose de mystérieux vers lequel on a envie d’aller pour découvrir ce qui s’y cache. Par moments grave (« ‘Tis pity she was a hore »), par moments plus « perché » (« Girl loves me »), un travail sur la tessiture et les sensations vocales a été orchestré brillamment sur ce nouvel opus. Cependant on sent que Bowie se fatigue, qu’il va jusque dans ses derniers retranchements mais avec lui, on n’est pas à l’abri d’un jeu ou d’une volonté d’angoisse de sa part.

Au niveau des compositions, c’est là que le chef-d’œuvre se construit ! Tant au niveau instrumental qu’au niveau du son, le travail est soigné et très intelligent. On aurait presque l’impression de revisiter la carrière de David Bowie en 42 minutes. En ce qui concerne le son, on retrouve même à la fin de « Lazarus » ce crépitement typique des vinyles lorsque le diamant touchait le précieux disque. C’est principalement de musiciens jazz dont s’est entouré le chanteur anglais avec notamment le batteur Mark Guiliana et le saxophoniste Donny McCaslin (saxophone qui revient à plusieurs reprises sur l’album). Les guitares sont furieuses lorsqu’elles se placent au premier plan et restent discrètes lorsque les claviers se mettent (souvent) en avant pour rajouter ce côté expérimental fortement présent. Des compositions intelligentes plus que ravageuses, voilà la recette de ce travail.

Impossible de dire si « Blackstar » sera l’ultime étoile dans la carrière intergalactique deBowie, mais en 7 titres il revisite l’ensemble des 25 albums produits auparavant avec un travail nouveau sur la forme mais une sorte de pastiche sur le fond. Le chanteur aux 100 visages rajoute donc une nouvelle corde à son arc et la flèche qui en découle se plante droit dans le milieu de la réussite qui lui sert de cible.

david bowie 2

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